Moshi, dans l’ombre du Kili

Sur les versants du sommet du l’Afrique, les touristes accourent à l’année pour monter la montagne, prendre une belle tite photo au sommet, redescendre en vitesse et prendre le premier vol domestique vers les plages paradisiaques de l’archipel de Zanzibar.

Les plus curieux s’arrêteront à Moshi, la petite ville sans prétention qui se trouve juste en bas. Entre les centaines de boutiques des compagnies touristiques se cachent des petites merveilles à vous mettre sous la dent. Pas toujours facile de les trouver au premier passage. Mais, puisque je connais la ville comme le fond de ma poche, j’ai pensé vous révéler mes spots chouchous.

Shukran

De la rue principale, en partant de l’hôtel Kindoroko et en marchant en direction opposée du Kili, prenez la route de terre à gauche, après la mosquée. Descendez 2 rues plus bas, soit une rue après le Barber Shop avec la face de Ice Cube peinturée sur le mur et vous y êtes. Des Somaliens tiennent la place et eux, les mecs, maîtrisent à souhait l’art culinaire. Le mieux, c’est de commander le Federation, qui comprend à peu près tout ce qu’il y a au menu, riz, pilau (riz épicé), viande, banane plantain, etc. C’est comme le menu dégustation des meilleures tables à Montréal, mais à 2 piasses et demi. Après, il y a le jus de fruit de la passion fraîchement pressé qui ne laisse pas sa place (40 cennes). Et, il est absolument interdit de sortir de table sans avoir atteint l’orgasme grâce au Shukran Special, une salade de fruits, majoritairement composée de melon d’eau, et agrémentée d’un coulis d’avocat légèrement sucré (80 cennes).

Milan’s

Les restos indiens, ce n’est pas ce qui manque en Afrique de l’Est. Après avoir bâti les chemins de fer dans le coin, plusieurs d’entre eux ont décidé de rester. Et c’est tant mieux. Toujours à partir de la rue principale, mais en direction opposée du Shukran, environ 3 coins de rue passés le Kindoroko, prenez la rue de terre à droite et c’est juste au coin, la pancarte est turquoise. Et chez Milan’s, c’est beau, bon, pas cher et rose, partout. De quoi réjouir une fifille en déficit de féminité. À ne pas manquer, les lassis (yogourt à boire, parce des produits laitiers, en Tanzanie ça ne courent pas les rues), le pain naan au fromage et ceux à l’ail pour chasser les moustiques, ainsi que tous les paneers (fromage) au menu. Go-o-o-o Calcium!

Taj Mahal

Encore un indien à l’intérieur, mais, en version street food, pas très indienne, à l’extérieur. On a tout pris ce qui se cuisait dehors : des brochettes de bœuf et légumes, du poulet BBQ et des Zanzibar pizza, une genre de pâte sur laquelle on appose de la viande hachée, des légumes coupés finement, on craque un œuf, on referme le tout et on frit ça sur une plaque généreusement huilée pendant quelques minutes. À 7, avec 2 grosses bouteilles d’eau, on en a eu pour un gros 9 piasses.

Poutine version TZ : chipsi mayai

Un chipsi (en Swahili, plusieurs mots nouveaux s’inspirent de l’Anglais, mais on n’a tout de même pris le soin d’à ajouter un i à la fin pour se démarquer : hoteli, polisi, teksi, benki….Vous avez donc compris qu’en lisant chipsi, je parle de chips, comme dans patates frites) mayai (prononcé my eye, ce qui veut dire œufs en swahili) est une omelette aux frites, tout simplement. Dans n’importe quel resto de bord de route ou même à la cantine de l’hôpital du petit village de Kilema où j’habitais l’an passé, on retrouve des chipsi mayai au menu. Le mieux est de bouffer cette omelette absurde avec de la sauce chili, beaucoup de sauce chili. À moins d’un huard, il n’y a rien de tel pour dorloter un estomac troublé par l’alcool et autre inconfort intestinal africain. Sachez que le resto Chachacha, une rue au-dessus (à l’opposé du Shukran) de la rue principale, près de l’hôtel Léopard, est ouvert 24 heures. Toujours pratique quand la soirée dégénère à la Liga, version quasi copiée collée des bars tels que le Moumba, le Lovers et le Fuzzy. L’enseigne est en « Lite Bright », il y a un cocotier en plastique en dedans et des spectacles de danses lascives des plus malaisantes. Bref, du comfort food s’impose pour oublier les images disgracieuses des matins amères.

Je doute d’avoir des réactions face à mes recommandations dans les prochains jours. Mais à la quantité de wazungu (blancs) qui se claquent le trio tanzanien (Kili, safari, Zanzi) à chaque année, j’espère en inspirer quelques-uns à accorder une petite attention aux autres petites merveilles que la Tanzanie a à offrir.

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A propos Catherine Lefebvre

Nutritionniste de formation, je suis à mon compte depuis le tout début. Depuis lors, je trace mon propre chemin. Je travaille surtout avec l'industrie alimentaire et les médias. Et j'écris sur l'art de vivre et les voyages, quand j'ai besoin d'une pause des meilleures sources de fibres et d'oméga-3.
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2 réponses à Moshi, dans l’ombre du Kili

  1. Et bien moi tu me fais réagir !
    Au départ, j’avoue être venue sur ton blog pour lire ton dernier post sur "l’Alsace au menu", mais je crois que celui-là m’a encore plus attiré ! On m’avait déjà fait un incroyable récit de la Tanzanie, mais de lire tes impressions sur cette petite ville "dans l’ombre" réveille encore plus mes envies de voyages… Merci pour ce billet et ces adresses !

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