À la demande générale, j’ai décidé de faire un billet sur mon séjour de 3 semaines en Tanzanie, histoire que les gens comprennent un peu plus le contexte des dizaines de photos affichées sur mon babillard facebook la semaine dernière.
Mise en contexte : En février 2008, j’ai participé à mon premier voyage humanitaire. J’ai passé les 2 premières semaines de mon mois de vacances à faire du bénévolat avant d’aller faire un safari et profiter de Zanzibar. J’y suis allée avec l’ASCCA, parce qu’ils sont assez petits et ouverts d’esprit pour accepter les gens sans expérience et pas nécessairement professionnels de la santé. Bien que je sois nutritionniste, je suis aussi ouverte d’esprit. En ce sens que même si la malnutrition existe en Tanzanie, j’ai plutôt pris le rôle d’assistante dentaire pour un dentiste gabonais qui ne parlait pas anglais et qui avait besoin d’une fille (vous connaissez, les Gabonais?!) qui n’a pas peur du sang et surtout de la mauvaise haleine.
Mise à part la mission médicale de 2 semaines, consistant à faire des cliniques de jour dans 9 dispensaires (pseudo clinique souvent désuète ou carrément non fonctionnelle) autour de Kilema, sur les versants du Kilimandjaro, je suis littéralement tombée amoureuse du pays. Le genre de feeling viscéral qui te fait sentir chez toi plus que n’importe où ailleurs. Et puisque je suis nutritionniste, j’ai fondamentalement envie de prévenir avant de guérir. Il m’était donc logique de revenir, plus longtemps, pour développer quelque chose de plus durable que de donner de l’ibuprofène à des p’tits vieux souffrant de maux de dos.
Août 2008 : j’étais de retour au berceau de l’humanité, toujours à Kilema, pour un an, sans salaire. Je m’apprêtais à vivre l’une des plus belles expériences de ma vie. Les plus grandes leçons que j’ai apprises là-bas :
- Écouter les gens. En tant que Blancs/Occidentaux qui veulent changer le monde, nous avons trop souvent tendance à faire à notre petite tête qui croit vraiment savoir ce dont ils ont besoin.
- Parler aux gens, surtout dans leur langue, le Swahili dans ce cas-ci. Certains ont beau avoir la mention « désolé complet » à leur compte facebook, mais cela ne veut pas forcément dire que leur réseau social soit tissé serré. Là-bas, les gens connaissent toujours quelqu’un qui connaît quelqu’un. Et ça, c’est de l’or en barre pour développer le bon projet de développement durable. Et quand je dis bon, je veux dire bon pour eux.
- Prendre son temps. La réputation règne. En Afrique, on roule en première vitesse à longueur de journée (sauf sur la route!). Un an, c’est le temps que ça m’a pris pour dénicher un terrain vacant à l’école secondaire à côté de chez moi, trouver des partenaires pour y développer un jardin écolier et offrir 2 repas par semaine remplis de légumes aux 245 élèves.
Mai 2010 : J’en suis à ma 3e visite en terre masaï. Cette fois-ci, je relève un défi personnel, soit d’être chef de mission médicale sur l’ile d’Ukerewe au Lac Victoria. Avec 7 autres missions de ce genre à mon actif (4 en Tanzanie, 2 au Bénin et une au Gabon, toujours avec l’ASCCA), disons que je savais dans quoi je m’embarquais. Mon but, cette fois-ci? Espérez donner la piqûre à la douzaine de Canadiens qui étaient avec moi pour qu’ils aient envie de revenir, plus longtemps et pour collaborer au développement de ce fabuleux pays. Après avoir vu 4200 patients et distribué 15 600 prescriptions en 9 jours, je suis certaine que les membres de mon équipe en or garderont un souvenir mémorable de leur séjour hors de l’ordinaire dans le décor du Roi Lion.
Et à celles qui sont venues voir l’état du jardin sur lequel j’ai travaillé l’an dernier, j’espère que vous avez senti l’émotion que cela a fait monter en moi. Quand tu vois que sans toi, les gens que tu voulais aider progressent par eux-mêmes pour eux-mêmes, voilà, le sentiment du travail accompli!


Bravo ma chérie! Tu me donnes le goût! Ils ont besoin de PR, en Tanzanie?
Toujours! Mais dis-toi que tes perles risqueraient de t’attirer plus d’ennuis que d’amis modernes par là-bas.
Je suis capable de me passer des perles, tu sauras! :p
Merci de nous partager cela. J’aime particulièrement tes "grandes leçons apprises". On arrive tellement souvent avec nos gros sabots en Afrique…
Bravo Catherine. Quel courage et quelle détermination. Merci de nous faire partager une page de ta vie.
Ça me fait plaisir! J’encourage tout le monde à vivre ce genre d’expérience, un jour.
OH Catherine, tu réveilles en moi des passions… qui ronflaient depuis longtemps, zzz! J’ai toujours voulu aller ailleurs pour aider, être dans l’action, vivre avec un grand V. Je le fais, ici, car ici pour moi c’est ailleurs pour d’autres
… Mais je me reconnais totalement dans ton projets. Je ne peux que te dire BRAVO et t’encourager à poursuivre tes ambitions, tes objectifs. Tu m’inspires. Merci.
Suuuper intéressant! Merci pour ce billet!
Ah vous me rappelez de beaux moments, du temps ou je faisais plein de projets communautaires un peu partout pour des organismes tels que l’acdi, le wfp (world food programme / Nations Unis), Pnud (Programme de Developpement des Nations Unis), etc. Ca fait déjà un peu longtemps, donc mes souvenirs sont embrouillés. Par contre, je me rappelle d’avoir passer des bons moments en Afrique de L’est: Tanzanie, Kenya, les Iles de Mombassa et Zanzibar. Ai bien aimé apprendre le Swahili (ai tout oublié à présent), les gens, leurs gastronomies locales. Coté communautaire, je rejoignais 1 peu votre idéal de les comprendre et évoluer avec leurs besoins plutot que de leur imposer quoi que ce soit: d’ailleurs, si ma mémoire ne me fait pas défaut, mes projets étaient forts différents de ce qui se faisait à ce moment là: j’utilisais le principe du ‘cahier vide’, donc on n’a rien de prévu, on va surplace et on s’ajuste/crée/innove/improvide à partir de ce qu’on y constate comme besoins manquants qui pourraient développer leurs économies locales. Donc loin du concept: j’apporte "des vivres dont ils vont en dépendre", mais plutot ‘allons y voir ce qu’on peut y faire pour créer 1 environnement de développement plus durable, d’avantage accolé à leurs réalités’. Mon concept n’est plus révolutionaire de nos jrs et c’est tant mieux. Bravo pour l’article!
J’adore votre concept du "cahier vide". C’est un excellent moyen de partir du bon pied pour aider franchement les gens. Bravo à vous aussi!
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