Le gaspillage alimentaire : effets secondaires de clients capricieux

Après la pêche durable, le mouvement locavore et le souci du bien-être animal, l’enjeu dont on entend de plus en plus parler est le gaspillage alimentaire. Un documentaire diffusé sur tou.tv fait prendre conscience de l’ampleur du problème, ici comme ailleurs.

Dans les faits, ce serait 50% des denrées alimentaires qui se retrouveraient à la poubelle? Pourquoi? Parce que certaines pommes ont une petite puck, des produits laitiers sont à 6 jours de leur date d’expiration ou qu’une boîte de riz a eu le malheur de tomber par terre et est un peu écrasée. L’auteure Élise Desaulniers (Je mange avec ma tête) a d’ailleurs publié un excellent billet à ce sujet.

Et le problème ne se produit pas que dans les épiceries. Le tout commence chez le producteur qui se fait dicter par l’industrie alimentaire que ses pommes de terre ne doivent pas être trop petites, ni trop grosses. Ils conservent que celles qui seront acceptables aux yeux du consommateur moyen. Les autres demeurent au champ. Le même scénario se produit pour les bananes. De passage au Costa Rica en janvier dernier, un guide d’une plantation de café me disait que les Nord-Américains aiment leurs bananes courbées, alors que les Européens les préfèrent plus droites. Selon la destination de l’envoi, plusieurs sont rejetées du lot avant le transport et d’autres, une fois arrivées à destination. Et ça se poursuit dans tous les autres rayons de l’épicerie et à la maison. En gros, c’est énormément de pertes à cause de fichus caprices. Du gaspillage de denrées, mais aussi d’eau et d’énergie qui aura servi à faire pousser, à transporter et à conserver des aliments qui ne seront jamais consommés.

D’où l’émergence du dumpstering ou des coureurs de poubelles des supermarchés et même des marchés publics. Si vous vous promenez derrière les kiosques au marché Jean-Talon, par exemple, vous remarquerez que plusieurs fruits et légumes, un tantinet défraichis, sont là et ne seront pas vendus, même s’ils sont encore très bons pour la consommation. Certains consommateurs plus futés que les autres profitent de l’occasion pour les récupérer et ainsi minimiser ce gaspillage alimentaire. Une bonne idée, certes, mais pourquoi devraient-ils avoir à fouiller dans les poubelles. Pour le moment, la récupération se fait souvent la nuit, dans le désordre des poubelles, sans doute mélangé à d’autres déchets moins ragoûtants. Et s’il y avait un étalage d’aliments imparfaits et un peu moins frais?

C’est pourtant ce qu’ils font chez Maxi, autant dans le rayon des fruits et légumes que sur les tablettes, où certains produits sont affichés à 50% de rabais. Un bon début et certainement une bonne façon pour permettre aux consommateurs à plus faible revenu de s’approvisionner en aliments sains.

L’organisme La Tablée des chefs y contribue lorsqu’elle récupère les restes, comme ceux des services traiteur dans les loges du Centre Bell entre autres.

À la maison, une meilleure planification des achats et de leur utilisation est de mise. Le compostage est aussi un bon moyen de réutiliser les restes. Encore faut-il ne pas en abuser. Le mieux demeure l’efficacité alimentaire, tant pour le compostage que le recyclage. En 2009, un article dans La Presse est paru dans lequel on écrivait que Montréal offrirait aussi un service de compostage aux citoyens, comme à Sherbrooke ou à Gatineau, d’ici 2012. Avez-vous un bac à compost brun, vous? Pas moi. En attendant que la ville se déniaise, des organismes comme Compost Montréal offre de venir chercher vos déchets organiques chez vous au coût de 5$ par semaine.

Connaissez-vous d’autres épiceries ou organismes qui contribuent à minimiser cet absurde gaspillage?

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A propos Catherine Lefebvre

Nutritionniste de formation, je suis à mon compte depuis le tout début. Depuis lors, je trace mon propre chemin. Je travaille surtout avec l'industrie alimentaire et les médias. Et j'écris sur l'art de vivre et les voyages, quand j'ai besoin d'une pause des meilleures sources de fibres et d'oméga-3.
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7 réponses à Le gaspillage alimentaire : effets secondaires de clients capricieux

  1. Éric Ménard dit :

    Bonjour,
    Je suis un étudiant à la maîtrise en environnement de l’Université de Sherbrooke et le gaspillage alimentaire est justement le sujet de mon essai de fin d’études dont je vais commencer la rédaction à l’automne prochain. Ceci dit, j’ai déjà entamé quelques recherches, visionné quelques documentaires, mais le sujet ne me semble pas autant documenté que je le pensais, notamment en ce qui concerne les quantités gaspillées aux différentes étapes de la chaîne de distribution des aliments.
    Ainsi, si vous ou autres personnes pourraient apporter de l’eau à mon moulin en me donnant des pistes de recherches ou des contacts, j’en serais serais extrêmement reconnaissant et je pourrais probablement vous partager les résultats de mon travail subséquemment.
    Au plaisir,

    Éric Ménard
    Étudiant à la maîtrise en environnement, Université de Sherbrooke

    • Bonjour Éric,
      Merci pour votre commentaire. En effet, j’ai constaté la même chose, il manque de données à ce sujet et ça m’étonne qu’on ait pris autant de temps à s’attarder à ce gâchis. Je resterai à l’affût. Et c’est avec plaisir que je lirai vos résultats. Bonne journée!

    • Catherine dit :

      Bonjour!
      Je suis au bacc en travail social à l’Université de Rimouski. DAns mon cours d’intervention sociale auprès des collectivité, mon équipe et moi avons aussi choisi le thème du gaspillage alimentaire pour faire notre travail. Nous constatons aussi que le sujet n’est pas très documenté pour ce qui est du Québec… Peux-tu nous nourrir (sans faire de jeu de mot!) à ton tour pour notre travail? Merci à l’avance! :)

      • Avec plaisir, Catherine! J’ai justement participé à reportage pour la télé mexicaine à ce sujet la semaine dernière, http://www.europalatina.fr/site/. Je sais qu’un documentaire européen était présenté sur tou.tv il y a quelques mois, mais je ne crois plus qu’il est en ligne. Je vous encourage fortement à fouiller sur le site de la grande bibliothèque et iTunes pour trouver des documentaires à ce sujet. Bonne chance et donnez-moi de vos nouvelles!

  2. alexmailhot dit :

    Bonjour,
    Effectivement, bien triste de voir tout ce gaspillage quand certain n’ont rien à se mettre sous la dent. Par contre, plusieurs épiciers remettent des denrées à des organismes locaux qui s’occupent de redistribuer aux plus démunis sans compter les grossistes qui donnent ce qui est propre à la consommation aux banques alimentaires tel Moisson Montréal, Moisson Québec, etc. Ils restent encore à faire mais il faut souligner les efforts! À la base, tout cela vient du consommateur qui exige la "perfection" comme si c’était produit à la chaîne et aussi des règles gouvernementale de salubrité qui incitent à jeter plutôt qu’à redistribuer. C’est en parlant qu’on va faire changer les choses!

    • Bien contente de savoir que les denrées d’épicerie se rendent chez Moisson Montréal et Québec. J’avais entendu dire qu’il était difficile de donner des denrées périssables aux organismes de ce genre de peur (non fondée) que les personnes dans le besoin seraient à risque de toxi-infections alimentaires. Je continue de penser que le consommateur doit prendre conscience que les fruits et légumes ne poussent pas en laboratoire et que l’imparfait rend l’alimentation plus vraie. Merci encore du commentaire!

  3. Ping: Sauve ta gousse : Aide-nous à contrer le gaspillage alimentaire

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