Qu’est-ce qu’on mange au Rwanda?

Des brochettes! Lors de mon passage au Rwanda en janvier dernier, un pays que je rêvais de visiter depuis une bonne dizaine d’années, j’en ai mangé des brochettes : poisson, poulet, chèvre, chèvre et encore de la chèvre. En plus de me bourrer la face dans les brochettes, j’ai aussi fait la plus difficile/fabuleuse randonnée de vélo de ma vie.

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Je commence mon séjour en force par deux jours de vélo au bord du lac Kivu, à l’ouest du pays, à la frontière de la République démocratique du Congo. Je prends le bus de 7h à Kigali. À la station, je cherche les mecs qui vont me crier par la tête : GISENYI! MZUNGU (blanc), GISENYI? Personne ne me harcèle transmet l’information à voix haute. Je demande donc à quelqu’un de m’indiquer où se trouve la compagnie de bus qui va là-bas. Au comptoir, je m’attends à devoir négocier le prix de mon billet. La dame me regarde l’air rassurant et me pointe le tableau avec tous les prix clairement affichés. Je me la ferme. J’embarque dans l’autobus. Je m’attends à ce que le bus parte lorsqu’il sera plein à craquer, que j’aurai un enfant sur les genoux et un sac de maïs sous les pieds. Mon voisin me voit mettre ma valise à côté de moi, je suis déjà prise en étau. Il me suggère gentiment de la glisser sous mon siège. Il y a amplement d’espace. Une fois que tout le monde a une place assise, on part à l’heure indiquée sur le billet. Pas de poulet ni de cargaison de charbon dans l’allée. Je suis complètement déstabilisée.

J’arrive avec une demi-heure de retard au bureau de Rwandan Adventures. La touriste anglaise qui devait m’accompagner est déjà partie parce qu’elle avait peur de manquer de temps pour se rendre à Kinunu à temps. Il est 11h. Nous avons à peine plus de 40 km à faire. Je la trouve angoissée pour rien. Je pars donc avec le guide qui ne parle pas français ni anglais. Pas grave, le swahili est là.

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Ça ne fait pas 15 minutes que nous sommes partis que je comprends pourquoi l’Anglaise a décidé de partir sans nous. Mon vélo de montagne n’a pas de suspension. La route est de sable, de roche ou de nombreux cailloux. Je n’ai pas mis mon cuissard. Ne me demandez pas pourquoi. L’altitude varie de 1 400 m à 1 800 m. Je pompe en malade dans les mille montées en déficit d’oxygène et je prie pour ne pas déraper en les redescendant. Bref, je rushe.

J’ai déjeuné à Kigali à 6h30, il est midi et j’ai faim. Mais, ce n’est que vers 14h que mon guide, Paparus, arrête dans un dép(anneur) de village pour m’acheter un Fanta tablette. Vous vous doutez sans doute de mon affection pour les boissons gazeuses. Mais là, je l’avale d’un coup.

Aparté sur les dép en Afrique : On y achète du papier de toilette à l’unité, de la farine en vrac, des œufs frais si les poules du voisin ont été fines, du savon à lessive pour une seule brassée et du crédit pour votre téléphone si c’est votre jour de chance. Je m’y arrête chaque fois pour trouver le truc le plus insolite : un kanga (tissu traditionnel) à l’effigie de Michael Jackson, du gin en sachet (de style sachet de ketchup de 100 ml pour donner du pep au Fanta tablette justement), tout le nécessaire pour réparer des gougounes…

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Celui-ci est à Zanzibar, mais bon. Ça illustre bien le dép.

Une heure plus tard, nous ne sommes qu’à mi-chemin (20 km) et c’est là que nous croisons Becky, l’Anglaise. Je la comprends d’être partie plus tôt finalement.

Un peu plus loin, on s’arrête enfin au village pour faire le plein de brochettes de chèvre et de patates entières frites, servies avec de l’huile piquante. Au diable le principe de manger des aliments faciles à digérer avant et pendant l’activité physique.

On arrive de justesse avant le coucher de soleil à Kinunu. Après 6 heures de vélo, je prends un plaisir fou à prendre une douche froide. Je mange comme un ado en plein croissance et je vais me coucher à 8h comme une matante. Il commence tout juste à pleuvoir.

Il pleut toute la nuit, en fait.

Le lendemain matin, la pluie cesse une demi-heure avant notre départ. Hourra! De la boue! Nous avons environ 45 km à faire. Par chance, la vue est époustouflante partout, tout le temps et les nuages amortissent les rayons de soleil ardents.

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Une heure dans la boue
Une heure dans la boue pour passer à travers ce champ devenu un marécage. Mes espadrilles roses fluo sont maintenant brun chiasse.

 

Paparus qui n'est jamais fatigué
Quoi qu’il arrive, Paparus n’est jamais fatigué.

Pour ma part,  j’ai prévu le coup aujourd’hui. Toutes les poches de mon jersey de vélo sont des réserves de mini bananes. Les meilleures bananes au monde.

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Six heures de vélo plus tard, c’est encore l’heure des brochettes!

 

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Le lunch de la veille était identique.

Paparus nous annonce la bonne nouvelle que la dernière portion du trajet, les dix derniers kilomètres, est sur une route goudronnée. C’est un peu comme s’il venait de nous dire que nous avions gagné à la loterie, une loterie de billets d’avion autour du monde à vie, par exemple.

Mais, la route est rude jusqu’au goudron. Si bien qu’au 1000e enfant que nous saluons et qui nous demande :

– What is my name? (En Tanzanie, c’est pareil. Les enfants nous demandent toujours leur nom pour savoir notre nom.)

Je réponds :

– My name is I am exhausted and disgusting (le corps en sueur et les jambes couvertes de boue)

Au suivant, Becky lui répond la citation du voyage :

– My name is How much is a helicopter?

À noter que la fille a fait son premier marathon à vie à -17°C au Groenland, il y a 3 mois et elle m’assure que ça n’a rien à voir avec ce qu’on fait là. C’est dire à quel point ces quelques 90 km sont ardus. Cela dit, c’est aussi la plus belle ride de vélo que j’ai fait de toute ma vie. La vue et les gens y sont pour beaucoup. D’ailleurs, le Rwanda est de loin le plus beau de la trentaine de pays que j’ai vu à présent.

Puis, nous croisons un monsieur en vélo de style hollandais avec une immense cargaison de haricots qui monte la côte plus vite que nous. Notre gueule avec nos cuisses en feu et nos fesses endolories.

Au loin, je vois un village. Il y a deux rues. Non, il y a plus de deux rues. Serait-ce la route goudronnée que je vois au loin?

High five tarmac!
High five, tarmac!

Ça nous aura pris 8 h pour faire 45 km. Huit. Heures.

La douche froide à Home Saint-Jean à Kibuye est d’or. La grosse bière Primus quasi glacée aussi.

De retour à Gisenyi, je me pose dans une des tentes (avec lit) au INZU lodge pendant trois jours.

Ubugali
Au menu : l’ubugali. C’est une pâte de manioc (ou de maïs, mais le manioc est tellement meilleur). Il est accompagné de cubes de viande dans une sauce tomate, des haricots en sauce et du lenga lenga (un genre d’épinard).

 

Inzu lodge
Trois jours avec cette vue à entendre les pêcheurs chanter en revenant de la pêche nocturne au petit matin et en partant au large à l’heure de l’apéro. Ils chantent à la façon de Po’ Lazarus dans le film O Brother, Where Art Thou? Je pourrais les entendre chanter pendant des heures et des heures tellement c’est beau.

 

Brochette de poisson
Après 24 h de pause, je m’ennuyais des brochettes. Celle-ci est au poisson et elle est servie avec giga motte de mayonnaise. Trempette, vinaigrette, sauce, une solution : mayo.

À la fin de mon séjour, je suis allée visiter une plantation de thé, celle d’où Béatrice Mukagakwandi importe le sien et le vend ici sous la marque Trésors d’Afrique.

Cueilleurs de thé
Les cueilleurs de thé à la plantation Sorwathe, située aux alentours du village Kinihira, à une heure et demie au nord de Kigali.

Pour entendre ma chronique à ce sujet à Bien dans son assiette, c’est par ici.

Ce voyage a été rendu possible grâce à Qatar Airways.

 

 

 

 

La Guadeloupe à vélo

En février dernier, j’ai pris part au voyage en Guadeloupe de Vélo Québec. Le tout s’est confirmé à deux semaines d’avis. Pour vous mettre en contexte, j’avais donc devant moi 6 jours de vélo de niveau 4 alors que je n’avais pas fait de vélo depuis octobre et que je n’avais jamais fait de longues randonnées de plus d’une journée…

J’ai beau faire du yoga chaud tout l’hiver pour lui enlever le plus d’heures possible, ce n’est pas ça qui entretient le cardio. La preuve, je suis allée faire un cours de spinning une semaine avant de partir et je pensais vomir chaque fois que le prof trop enjoué ordonnait d’augmenter l’intensité. Je me disais : ça y est, je n’aurai pas d’autres options que de faire le circuit au complet à pied et d’abîmer mes souliers de vélo pour vrai.

Et comme par magie, une fois sur place, je suis montée sur ma monture en carbone et je me suis mise à rouler, rouler, rouler.

Jour1Ste-Anne
Première journée : boucle via Sainte-Anne, Saint-François et Le Moule (où je suis tombée en plein milieu de la rue parce que j’avais trop de sable dans mes clips. Bravo championne!) – 85 km
Jour2Morne-à-l'eau
Deuxième journée : boucle via Deshauteurs (au sens propre, je l’avoue je l’ai marché aux trois quarts), Boisvin, Vieux-Bourg, Morne-à-l’eau (où le cimetière rappelle celui de la Recoleta à Buenos Aires), Petit-Canal, Les Mangles et Douville – 75 km 
Troisième journée : aller-retour de l’hôtel au traversier et du traversier jusqu’à Capesterre-de-Marie-Galante histoire de zieuter les adeptes de kite surf pendant que je fais le plein de vitamine D – que 40 km, mais oh combien de plaisir!
Troisième journée : aller-retour de l’hôtel au traversier et du traversier jusqu’à Capesterre-de-Marie-Galante, histoire de zieuter les adeptes de kite surf pendant que je fais le plein de vitamine D – que 40 km, mais oh combien de plaisir!
Quatrième journée : tour de van avec notre guide, John, afin de me garder des forces pour les deux derniers jours.
Quatrième journée : tour de van avec notre guide, John, afin de prendre les autres en photo (Louise, ici) et me garder des forces pour les 2 derniers jours.
Cinquième journée : boucle via Vieux-Fort avec mon super partner Luc, près de deux fois mon âge et possiblement mille fois plus en forme que moi (lâche-pas, la p’tite!) - 33 km de côte, incluant 13 km de montée sans arrêt.
Cinquième journée : boucle via Vieux-Fort avec mon super partner Luc, près de deux fois mon âge et possiblement mille fois plus en forme que moi (lâche-pas, la p’tite!) – 33 km de côte, incluant 13 km de montée sans arrêt. Au moins, il y avait ce genre de vue sur la route.
Sixième journée : Saint-Claude, Trois-Rivières, Capesterre-Belle-Eau, Petit-Bourg, Le Gosier - 85 km pour rentrer au bercail, bien souvent sous la pluie battante.
Sixième journée : Saint-Claude, Trois-Rivières, Capesterre-Belle-Eau, Petit-Bourg, Le Gosier – 85 km pour rentrer au bercail, bien souvent sous la pluie battante ou au gros soleil près des plages de sable noir.

Un séjour qui m’aura fait rouler pendant près de 320 km en 5 jours sur les routes au dénivelé plutôt important de la charmante Guadeloupe. Prends ça, cours de spinning!

Je dois remercier la belle gang que j’ai eu le plaisir de côtoyer toute la semaine, vivement la motivation de groupe. Sans oublier les encouragements constants des Guadeloupéens à vélo (de vraies machines!) ou non, qui ont grandement contribué à ma persévérance et à ne pas débarquer trop souvent de ma monture. Mes souliers de vélo sont un peu moins abîmés grâce à vous, merci.

Bref, je recommencerais ça n’importe quand.

Ce voyage a été rendu possible grâce à Vélo Québec.

Qu’est-ce qu’on mange à Annecy?

Pour moi, Rhône-Alpes rime avec vin, fromage et montagne, donc vélo. Je suis partie en France avec ça en tête. C’était déjà un très bon départ. J’ai passé la plupart de mon temps du côté d’Annecy, à une quarantaine de kilomètres au sud de Genève.

JOUR 1

Mon périple gastronomique a commencé chez Philippe Rigollot, élu meilleur pâtissier au Monde en 2005 et Meilleur ouvrier de France (MOF) en 2007. Le hic, je ne tripe pas sur les desserts. Le sucre me donne rapidement mal au cœur et mes papilles doivent en être hypersensibles, puisque je grimace à l’idée de manger de la tarte au sucre, une meringue italienne ou du sucre à la crème. Mais Philippe Rigollot est heureusement un de ces pâtissiers qui sait doser la teneur en sucres avec soin.

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Sa pâtisserie signature, Mr Smith (dit avec un accent français plein « z » partout) est surtout de pomme verte conçue.

Mais c’est vraiment sa pâtisserie de saison aux fraises et à la rhubarbe qui m’a charmée le plus.

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Toute petite, la touche d’acidité de la rhubarbe était bien présente et je n’ai absolument pas eu envie de grimacer une seconde. C’était parfait.

Après avoir marché pendant moins de dix minutes, pas de quoi apaiser la digestion, je suis allée à la fromagerie de Pierre Gay, élu MOF en 2011. Je n’aime peut-être pas le sucre, mais le fromage par contre, là je tripe. Pas besoin de me tordre le bras pour descendre dans la cave et humer tous les fromages qui y vieillissent doucement, parfaitement. Ça pue tellement bon, hein quand même?

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À voir sa bette et la passion avec laquelle il parle des fromages, mais aussi de l’histoire des producteurs qui les confectionnent, Pierre Gay est captivant. Pas étonnant qu’il s’y connaisse autant, il a grandi dans le fromage, tout comme son père et son grand-père. J’aurais voulu qu’il me raconte des anecdotes sur tous les fromages de sa cave.

JOUR 2

Ce matin-là, j’ai pris le bateau jusqu’à Talloires, au sud-est d’Annecy, l’autre bord du lac. J’avais rendez-vous à l’Abbaye avec Nicole Tissot de l’Office de tourisme. Construite en 1018, l’Abbaye est maintenant un hôtel hyper luxueux, dont l’acteur Jean Reno est l’un des propriétaires.

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Je m’en suis tenue à déjeuner (diner) pendant trois heures dans le jardin. Tout était si fin et sublime. Et il faisait beau et chaud. Chaud comme dans, on est en juin après tout.

Depuis le jardin de l’Abbaye, nous pouvions voir les parapentistes survoler joliment les montagnes derrière nous.

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Je n’avais qu’une seule envie, flotter comme eux moi aussi.

Mais, je n’avais pas le temps de me lancer dans le vide, puisque Philippe Héritier et ses escargots nous attendaient à son Domaine des Orchis à Poisy. À noter que j’ai fait une croix sur les escargots au début des années 90.

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Bébé escargot et escargot ado. Ça leur prend de 14 à 16 semaines pour atteindre la maturité. Les grands chefs de la région achètent les escargots de Monsieur Héritier, conservés dans un court-bouillon, et en font des merveilles très prisées de leur clientèle.

C’est en écoutant Monsieur Héritier raconter sa philosophie à propos de l’élevage et de la transformation des escargots et tout le soin qu’il y accorde que j’ai changé d’idée et je me suis laissée tenter. Et je n’ai pas mangé un, mais bien quatre escargots. Hip Hop Hooray!

JOUR 3

Je me rends à Saint-Jorioz à vélo, où j’ai rendez-vous avec Christine Rassat qui offre des cours de cuisine inspirés des recettes des grands chefs. Elle invite même parfois ceux de la région à se joindre à la classe, au grand bonheur de ses convives. C’est avec elle et son mari que je vais déjeuner (diner) aux Tilleuls, l’auberge et restaurant de Gilles Nulli. Pour en savoir plus à propos de ce joyeux personnage, écoutez ma chronique à Bien dans son assiette (lien ci-bas).

Après, je devais me rendre au col de Leschaux pour visiter l’alpage où ils fabriquent le fromage Abondance, un de ceux possédant une appellation d’origine protégée (AOP) dans la région. La dame de l’Office de tourisme m‘avait prévenue, ça monte tout le long. J’étais dans les Alpes et j’avais un vélo hybride « avec pas d’clips ». Rien de parfait. Je monte pendant une heure, j’arrive à la fromagerie à l’heure. Sauf que l’été, les vaches sont dans les alpages. Celui-ci se situe à huit kilomètres plus loin, donc plus haut. Je monte encore. Malgré la carte qu’ils avaient laissée sur la porte de fromagerie et en me suivant sur Google Maps, je n’ai jamais trouvé l’alpage. Au milieu de nulle part, il ne me restait plus qu’une chose à faire : me rendre au sommet du mont Semnoz, un autre 6 km plus haut.

Mont Semnoz
Voici la vue qu’il y avait au sommet. Comme on dit, ça vaut le coup de pédale.

JOUR 4

Comme si je n’avais pas suffisamment donné la veille, voilà qu’on m’attendait avec un vélo tout terrain avec assistance électrique pour monter jusqu’au col des Annes. Sur le coup, le concept du vélo de montagne et de l’assistance électrique ne m’intéressait nullement. Moi, ce que j’aime du vélo, c’est de rouler sans avoir à esquiver des racines, des roches ou passer mon temps à gérer le dérapage dans les descentes. Mais quand mon guide, Antonin Lieutaghi d’Evolution2, m’a dit : « Oh! Mais, il faut pédaler quand même. Je te mets en mode turbo et va pédaler un coup par là pour voir. » Ma réaction : « Oh! Mon Dieu! Ça marche. Oh! Mon Dieu! Ça va viiiiite! Wouhou! » Bref, j’ai eu beaucoup de plaisir et une fois rendus à 1 720 m d’altitude au restaurant La Cheminée, il faisait plus frais.

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La température parfaite pour manger une incroyable tartiflette (pommes de terre, oignons, lardons, crème, Reblochon), même en plein mois de juin. Et avec les deux heures de montée au préalable, c’est passé comme du beurre dans la poêle.

Puis, pour connaître la différence entre le Reblochon fermier et laitier, je vous invite à écouter ma chronique à Bien dans son assiette à ce sujet.

Ce voyage a été rendu possible grâce à l’Office du Tourisme du Lac d’Annecy et Air France.

 

Qu’est-ce qu’on mange à Zanzibar?

J’ai mis les pieds à Zanzibar pour la première fois en février 2008. C’était suite à mon tout premier séjour en Tanzanie. Et pour ceux qui se demandent où peut bien se situer Zanzibar sur la carte, c’est un archipel au large de la Tanzanie, en Afrique de l’Est.

Depuis, j’y suis allée 7 fois. Je sais, ça frôle l’obsession. Mais, il suffit d’y mettre les pieds une seule fois pour tomber sous le charme de cet univers enchanté d’autant de parfums que d’influences dans sa cuisine et sa culture.

D’ailleurs, on trouve à Zanzibar une culture culinaire fascinante, de par son histoire, mais aussi par l’éventail de ses saveurs. Là-bas, j’ai plusieurs plats chouchous. Le genre de truc que je peux manger chaque jour, tous les jours de mon séjour. J’y étais en février dernier et voici ce qui composait mon régime alimentaire quasi quotidien et les endroits que je visite chaque fois comme si c’était la première fois.

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Cette soupe. De l’urojo en swahili. Il faut aller voir Babu (grand-papa) Khamis dans son kiosque ambulant situé derrière la passerelle du fort, dans la ruelle menant au resto branché The Silk Route. Ça fait 50 ans qu’il est là, presque tous les jours! En gros, c’est une soupe aux pommes de terre, falafels, oeuf cuit dur, chèvre grillé, chips de manioc, salade d’oignons rouges, de tomates et de piments et jus de tamarin. C’est 2 000 shillings, soit à peu près 1,50$ le bol.
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Arrêt obligé : le marché Darajani, comme tous les marchés publics dans le monde. On y va le matin, avant que la chaleur ne soit trop accablante et que les odeurs de poissons et de viande empestent l’espace à aire ouverte. Ici, de la pieuvre (puesa) on aime ça. Qu’elle soit grillée, dans un curry, dans la soupe, il y en a PAR-TOUT à mon grand bonheur.
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Ce pain, mkate wa ufuta (pain au sésame), j’en mangerais tous les jours. À l’occasion, je le mange avec du halua, l’équivalent du halva qu’on retrouve à divers endroits dans le monde. Celui-ci à la consistance d’une gelée élastique est d’inspiration de l’Oman, à base de sucre, de graines de sésame et d’un parfum qui ressemble drôlement à de l’eau de fleur d’oranger. On sert aussi souvent l’halua dans les mariages avec du café, afin de rappeler le côté doux et amer des relations de couple.
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Le marché de nuit Forodhani est installé tous les soirs devant The House of Wonders, bâti en 1883 pour le 2e sultan de Zanzibar, aujourd’hui un musée à propos de la culture swahili. C’est possiblement l’endroit le plus connu de Stone Town, la capitale, en matière de bouffe. C’est donc très touristique, mais plusieurs Zanzibaris y vont aussi. Même Anthony Bourdain est allé y faire un tour dans le cadre de son émission Parts Unknown. S’il m’avait appelée avant d’y aller par contre, je lui aurais recommandé bien d’autres bonnes adresses pour qu’il colle davantage à l’aspect « unknown » de son concept. M’enfin. On se reprendra!
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La fameuse Zanzibar pizza : une pâte à base de farine de blé sur laquelle on dépose de la viande hachée, des légumes (poivrons, oignons, carottes), on craque un oeuf sur le dessus, on referme le tout et la fait griller/frire dans l’huile. YUMZZZ. Ça m’en prend au moins une par séjour.
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La soupe aux légumes de babu Amir du restaurant méconnu, Nyumbani (à la maison). Et c’est le cas de le dire, puisqu’on mange chez lui, dans la minuscule salle à manger avec deux tables et pas plus de 10 chaises. Babu Amir a le regard souriant, chaleureux, celui d’un bon papa.
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La fois où j’ai eu envie d’une deuxième soupe dans la journée. Là, c’est tout près du marché Darajani. C’était tellement beau de voir ce papa avec sa fille partager une bonne soupe.
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Et là, c’est le Jaw’s Corner : MON endroit favori de la terre. On y boit le café à la turque de Babu Omar, fait dans des espèces de grosses théières sous lesquelles un plateau contient de la braise pour le garder au chaud. Les petits verres coûtent 50 shillings, l’équivalent d’environ 5 cents. Là-bas, les gens discutent de politique, de foot et de la vie. C’est aussi l’endroit idéal pour regarder les gens passer puisque c’est à l’embranchement de 4 rues. Et le petit monsieur à ma droite, je le vois là depuis sept ans. Lui, le voltage, ça ne lui fait pas peur.

J’en profite pour vous partager la bonne nouvelle que j’aurai une chronique sur les voyages gourmands cet été à l’émission Bien dans son assiette. Ma première chronique porte justement sur les épices de Zanzibar.

Qu’est-ce qu’on mange en Tanzanie?

Ah! La Tanzanie. Ce bout du monde que j’appelle affectueusement, le chalet. Même si ça fait loin pour aller y passer un weekend, j’y ressens le même sentiment de réconfort, de terrain connu et de bien-être total, malgré le fait qu’il n’y ait pas tous les éléments de mon confort quotidien. Parce que c’est aussi ça le chalet : être si bien dans pas grand-chose.

J’y suis allée sept fois. J’y ai passé un an là-dedans. Bref, je connais la région du Kilimandjaro comme le fond de ma poche. Que vous y alliez pour grimper le Kili, faire un safari ou aucune de ces réponses, voici les trucs que je mange inconditionnellement chaque fois que j’y mets les pieds.

1. Chai masala

IMG_3571Mettons d’abord quelque chose au clair : ce qu’on appelle thé chai est un pléonasme. Chai veut dire thé en swahili et en plusieurs autres langues. On parle plutôt de chai masala lorsqu’on réfère au thé épicé, bien souvent servi avec du lait. Et qu’est-ce que ce thé-là vient faire en Tanzanie? C’est grâce aux Indiens qui sont venus construire les chemins de fer en Afrique de l’Est, alors qu’ils étaient encore tous sous l’Empire britannique, qu’il y autant de plats d’inspiration indienne dans le coin. Ici, ils le boivent avec une pelletée de sucre. J’ai donc accepté depuis belle lurette de me faire dévisager quand je demande le mien sans sucre ou quand j’en ajoute qu’une demi-cuillère à café. En vente partout.

2. Chapati

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Quand je disais que je suis bien dans presque rien, ceci était ma cuisine pendant un an. On allait au marché deux fois par semaine et on cuisinait tous les jours. Je n’ai jamais mangé autant de fruits et légumes de toute ma vie. C’est aussi ici que j’appris à faire des chapatis, un autre bon exemple de l’influence indienne dans la cuisine tanzanienne. Qu’on soit en ville ou dans un village perdu sur les flancs du Kilimandjaro, on trouvera toujours des chapatis, à mon grand bonheur.

3. Chipsi mayai

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Possiblement l’équivalent de la poutine qu’on mange au petit matin à la sortie des boîtes de nuit, mais aussi au petit-déjeuner de lendemain de veille, le chipsi mayai. Chipsi vient du mot chips alias des frites en anglais, auquel on ajoute un « i » à la fin, comme dans plusieurs autres mots en swahili, teksi pour taxi, benki pour banque… Mayai, prononcé « my eye » veut dire œufs. En gros, c’est une omelette aux frites et c’est absolument délicieux, particulièrement avec de la sauce piquante.

4. Shukran’s Federation

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Shukran veut dire merci en arabe, tout comme en swahili. D’ailleurs plusieurs mots en swahili viennent de l’arabe, vu leur histoire dans le trafic des esclaves. Sur une note plus joyeuse, Shukran est aussi le nom d’un de mes restaurants préférés à Moshi – ville au pied du Kilimandjaro où j’ai passé presque tous mes weekends pendant un an. Pour s’y rendre, il faut tourner à gauche après la mosquée depuis la rue principale. Et une rue après le barbier affichant une murale mettant en vedette Dr Dre, c’est au coin à droite. Les proprios sont d’origine somalienne et cuisinent à merveille. Le plat Federation regroupe à peu près tous les items au menu dans un grand plateau : du sukuma wiki (kale en swahili) en bas à gauche, des bananes plantains, je passe mon tour sur le spaghetti à rien, de la chèvre en sauce, de la viande hachée parfaitement épicée en bas à droite et au centre, du riz et du pilau – un riz épicé avec entre autres de la cannelle et du clou de girofle. Le tout ne coûte même pas 5 dollars.

5. Shukran’s special

IMG_3592Toujours chez Shukran, le Shukran’s special est leur dessert signature. Moi qui n’ai pas le bec sucré, je m’en délecte chaque fois. C’est simple comme tout en plus : une salade de melon d’eau, de mangue ou de papaye selon la saison, et de banane sur laquelle est versée une sauce sucrée à l’avocat. Parce que oui, ici, l’avocat se mange autant sucré que salé.

Pour en savoir plus à propos de mes coups de coeur en Tanzanie, c’est par ici.

Les amandes et l’eau

Capture d’écran 2015-02-26 à 10.49.17Ce matin dans la section Pause repas de La Presse+, je vous parlais des bien bonnes amandes. D’un point de vue nutritionnel, elles marquent effectivement beaucoup de points. Mais puisque la santé humaine et celle de la planète devraient aller dans le même sens, il m’était impossible de ne pas m’aventurer dans le côté sombre des amandes : leurs besoins en eau.

Les protéines végétales sont perçues comme la solution de rechange pour réduire l’impact de notre alimentation sur le sort environnemental de la planète. Cependant, voilà que les amandes ont des besoins en eau plutôt impressionnants pour des végétaux.

En effet, selon les données de l’Institut d’éducation sur l’eau de l’UNESCO, il faudrait en moyenne 16 095 litres d’eau pour produire un kilo d’amandes écalées. À titre de comparaison, il en faut en moyenne 9 280 litres pour un kilo de noix de Grenoble écalées et 5 984 litres pour un kilo de lentilles.

Lorsque nous les comparons à la production de bœuf et de volaille, celles-ci requièrent en moyenne 15 400 et 4 325 litres d’eau respectivement pour en produire un kilo. Ces estimations peuvent toutefois fluctuer dans un même groupe de produits. « Les données portent sur la production mondiale de divers aliments, elles peuvent donc varier en fonction des régions, de la méthode de production et des variétés de plantes utilisées. » Précise Dany Plouffe, chercheur scientifique pour le Land Use and the Global Environment Research Group de l’Université de Colombie-Britannique.

Puis, lorsque nous regardons les statistiques spécifiques à la Californie, un état qui souffre énormément de sècheresse, mais où pousse la majorité des amandes dans le monde, ça s’apparente plutôt à la production de noix de Grenoble qu’à celle du bœuf. « Présentement, la production locale d’amandes requiert en moyenne 10 820 litres d’eau pour chaque kilo d’amandes écalées. » Affirme, Fraser Shilling, professeur à l’Université de Californie à Davis. Il est à noter que l’empreinte écologique de la production alimentaire ne s’arrête pas à son utilisation d’eau. Dans le cas du bœuf par exemple, il est notamment responsable d’importantes émissions de méthane, sans compter que la surface utilisée pour produire des aliments de source animale, incluant celle des aliments qu’il faut pour les nourrir, est beaucoup plus grande que pour la plupart des végétaux. Les protéines végétales demeurent donc un meilleur choix pour des raisons environnementales, en plus de posséder de nombreux atouts nutritionnels.

Alors, qu’est-ce qu’on fait avec les amandes? On varie nos types de noix et on profite surtout des amandes entières, en beurre ou en poudre, qui procurent tous ses nutriments. Et on met la pédale douce sur la boisson d’amande, puisqu’il en faut une grande quantité – environ une tasse et demie – pour en produire un litre et que sa teneur en protéines et en fibres est nettement plus faible que dans les amandes comme telles.

 

 

 

 

Qu’est-ce qu’on mange au Qatar?

En transit à Doha en route vers le Rwanda, j’ai eu l’immense privilège de passer deux nuits au Sharq Village&Spa, alias me sentir comme une princesse avant de me trouver à nouveau dans le chaos africain. J’aime la vie et tous ses contrastes, bon!

Premier arrêt après avoir déposer mon bagage à main dans ma villa féérique : Parisa. C’est LE resto pour goûter à la cuisine typiquement iranienne. Pourquoi manger iranien lorsqu’on est au Qatar? Eh! Bien, parce que 60% de sa population locale est originaire de là-bas. Une bien bonne nouvelle! Je pense sincèrement que la cuisine moyen-orientale est ma préférée d’entre toutes. C’est comme un kaléidoscope de couleurs et de saveurs. Un délice pour tous les sens.

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Le yogourt au concombre, aux noix de Grenoble et aux raisins secs, là, à gauche, je l’ai fini à la cuillère. Et j’ai bien brouté la moitié des herbes fraiches dans le plat de crudités.

Que dire du riz. Je trouve ça tellement triste du riz habituellement. Mais là!

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Dans le petit bol en métal derrière le verre, c’est un riz parfumé à l’aneth et agrémenté de légumineuses. Le riz jaune dans l’assiette est évidemment safrané et garni de petits fruits, qui pourraient très bien être remplacés par des canneberges (moi, qui ai acheté une poche de safran lors de mon passage en Azerbaïdjan à l’automne passé…score!)

Puis, vient le dessert. Ma dent salée et moi sommes déjà plus que satisfaites par le repas de reine. Le serveur insiste. C’est un sorbet. Ou comme dirait ma tendre mère : c’est juste du vent. Mais, pas n’importe quel vent.

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Un sorbet à la pistache et au safran (encore!), sur un lit de vermicelles de riz glacés, et sur lesquelles un sirop de grenade a été délicatement versé. C’est parfait, parfait, parfait.

Le lendemain, j’ai opté pour le restaurant Al-Dana, où le poisson et les fruits de mer sont à l’honneur. En arrivant sur place, on choisit d’abord notre poisson comme chez le poissonnier. J’aurais pu manger du thon, des langoustes ou des sushis. J’ai plutôt opté pour un poisson local tant qu’à être dans le coin, soit un sultan ibrahim (c’est cute, non?!) à la chair blanche et délicate.

En entrée par contre, je n’ai pas pu m’empêcher de prendre la pieuvre.

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Je prends tout le temps la pieuvre. Tellement prévisible, la fille. Servie en terrine, elle est accompagnée d’une glace au féta saupoudré de panko, et d’une sauce romesco. Ça goûte la Méditerranée, ma deuxième cuisine préférée.

Puis, vient mon fameux poisson.

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Il est gentiment déposé sur un rouleau de légumes baignant dans une crème de pommes de terre, garnie de crème fraiche. Menoum-menoum!

Conseil d’ami : si vous allez en Asie ou en Afrique, le transit à Doha est certainement un plus à ajouter à votre itinéraire. C’est le genre de destination où on y passerait peut-être pas plus d’un jour ou deux, mais c’est tellement fascinant comme pays que ça vaut vraiment le coup de s’y arrêter. Pour en savoir plus à propos de mon court séjour à Doha, voici mon texte sur MSN.

Ce voyage a été rendu possible grâce à Qatar Airways et à Sharq Village-Spa.

7 raisons d’éviter les boissons sucrées

Ceux et celles qui me connaissent savent déjà qu’il y a un tas de choses qui m’énervent à propos des bonbons liquides. Qu’on se le dise, nous sommes rendus à un point où il vaut mieux d’actionner le frein moteur (BRAAAAAAP !) quant à notre apport en sucres ajoutés, ne serait-ce que pour limiter les dégâts. Diminuer notre consommation de boissons sucrées est déjà un très bon début. Pour vous encourager à agir dans ce sens, voici quelques arguments qui vous aideront sans doute à passer à l’action.

  1. Je ne peux rien vous cacher, la consommation quotidienne de sucre liquide contribue entre autres à l’obésité et au diabète.

  1. Pendant ce temps, l’industrie des boissons gazeuses prétend faire partie de la solution aux problématiques reliées à l’obésité en offrant des boissons diètes ou zéro calorie, maladroitement sucrées avec des édulcorants artificiels.
Euh…tu me niaises?

 

  1. Ce n’est pas parce qu’elles sont exemptes de calories qu’elles sont sans danger pour la santé. Eh! Boboy que non!
  1. Puis, les boissons de type cola, diète ou pas, ont de quoi dégrader les os et les dents assez vite, une gracieuseté de l’acide phosphorique qu’elles contiennent.

  1. Sans oublier les boissons énergisantes qui prétendent « donner des ailes » ou fournir de la « bonne » énergie.
Quand allons-nous arrêter de prendre les consommateurs pour des cons?

 

  1. Moi, ça me laisse plutôt un film de sucres sur les dents et j’ai tout simplement un malaise avec l’idée de boire un liquide de couleur fluo. Comme si j’avalais la substance dans un « light stick ».

  1. Je traine aussi une vieille peur : la boisson gazeuse qui remonte dans le nez. Mon pire cauchemar de fêtes d’enfants.

  1. Mais, ça n’a pas l’air de déranger les jeunes tout ça. Les boissons gazeuses, les boissons énergisantes et les thés glacés représentent la source principale d’apport en sucre chez les 9-18 ans au Canada.
Eew!

 

Comme je le dis souvent, si vous avez un faible pour des aliments sucrés ou salés, ne cherchez pas le trouble.  N’en mettez pas automatiquement dans votre panier d’épicerie. Ça fera toujours ça de moins et un pas de plus dans la bonne direction.

Sur ce, j’en profite pour vous inviter à visiter le site de la campagne Sucres liquides : pas tous les jours, une initiative de la Coalition québécoise sur la problématique du poids. Ils travaillent fort en titi pour faire changer les choses. Et c’est un peu ma façon de leur faire un high five!