De l’utilité de voyager léger

C’était un matin de juillet, en 2011, que l’idée m’est venue de me lancer tête première dans le vide, bien en dehors de ma zone de confort. Écrire de la fiction. C’est en mangeant une énième omelette feta chez Byblos avec mon éditeur que tout a commencé.

Lui : Avec tous tes voyages, ça te tenterait pas d’écrire de quoi avec ça?

Moi : Justement, j’avais une idée à te proposer et j’aimerais vraiment ça avoir ton avis d’éditeur. Si ça ne tente pas de publier de roman ou de me publier point, c’est pas grave. J’veux juste savoir si c’est une bonne idée.

Lui : Envoye, shoot.

Moi : Je pensais faire vivre des relations amoureuses à une fille dans des destinations que j’ai déjà visitées.

Lui : Ouin, mais j’veux pas de nouvelles. J’haïs les nouvelles.

Moi : Non, non. J’pensais plutôt à un chapitre par gars.

Lui : Ok…J’aime ça. Mais, penses-tu avoir assez de jus pour faire un livre avec ça?

J’ai retiré la bouchée de pita débordant d’omelette feta que j’avais déjà à moitié dans la bouche.

Moi : Crois-moi.

Ça m’aura pris presque deux ans pour écrire l’histoire d’Elsie, inspirée par des destinations que j’ai visitées, des rencontres que j’ai effectivement faites et surtout, plusieurs anecdotes qui m’ont été racontées. Le bonheur d’écrire des faussetés, des choses qu’on aurait tant aimées ou eu horreur de vivre.

Dans mon métier de nutritionniste et de journaliste par la bande, je suis toujours dans les faits, les statistiques, les études randomisées contrôlées à double insu… J’avais besoin de changer d’air, de m’aventurer vers des terrains inconnus, d’accomplir ce que ma superviseure de stage me disait que j’étais incapable de faire, écrire (même si ça représente une partie importante de mon métier aujourd’hui). J’ai toujours eu plus de facilité à parler. Je préfère la télé à n’importe quel autre média. C’est plus naturel pour moi. Mais, ce n’est pas parce que j’ai toujours été poche pour écrire des textes scientifiques trop longs pour rien, dans un cadre rigide tel qu’enseigné à l’université que je ne sais pas écrire. Cela dit, j’ai récemment écrit un article dans le magazine de mon Ordre professionnel portant sur les nutritionnistes dans les médias sociaux. De retour en mode rigide, mon article ne cadrait évidemment pas dans le moule. Il a donc été modifié de A à Z pour respecter la ligne éditoriale du magazine jusqu’à ce que je le trouve plate à mort. Ça m’a rappelé une fois de plus pourquoi je n’écrivais pas ce genre d’article et à quel point je suis privilégiée de travailler avec des rédacteurs en chef qui ne sont pas aussi rigides. C’est donc dire que ce n’est pas parce qu’on n’entre pas dans le cadre, qu’on n’entre pas nulle part.

Pour mon roman, j’ai donc écrit ce qui me plait, avec mon ton, mes anglicismes et mes imperfections. Je ne peux même plus compter le nombre de vendredis soir que j’ai passé à créer Elsie, à la faire voyager et à lui faire vivre autant d’euphorie que de pertes de repères.

Tout au long de l’écriture, j’ai pensé à elle comme à une petite sœur, à qui j’avais souvent envie de dire : « embarque-toi pas là-dedans, il ne fera pas de move pour vrai », « écoute ta grande sœur, sacre ton camp pis vite », « mais oui, mais, y’est même pas ton genre c’te gars-là! »… Le genre de chose que je me suis réellement entendue dire à une amie qui vivait une histoire à la Elsie avec un mec de Guyane française lors de mon passage au Suriname à l’automne dernier. Quand elle me racontait son histoire, c’était Elsie tout craché. À cet instant précis, j’étais vraiment contente de m’être lancée dans le vide.

Me voilà donc avec un beau roman tout neuf que je présenterai au Salon du livre de Québec en fin de semaine. Au plaisir d’entendre vos histoires d’amour outre-mer.

P.S. : Mon horaire de dédicaces est samedi et dimanche, de 12h30 à 14h30 au kiosque 77.

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L’état du quinoa en Bolivie

Depuis près de trois ans, je fais de la consultation pour Gogo Quinoa en matière de développement de produits et de marketing alimentaire. L’an passé, j’ai lu plusieurs articles à propos du fait que les producteurs de quinoa en Bolivie n’arrivaient plus à s’en acheter puisque le prix sur le marché international était beaucoup trop élevé, j’ai posé des questions, beaucoup de questions à mon client, Martin.

Petite mise en contexte pour ceux qui ne le savaient pas, 2013 est l’année du quinoa selon la FAO (Food and Agriculture Organization des Nations Unies). C’est donc à cette occasion que CABOLQUI (Chambre bolivienne des exportateurs de quinoa et producteurs biologiques) a organisé une rencontre internationale pour permettre aux « vendeurs » de quinoa à travers le monde de savoir d’où provient l’aliment qu’ils vendent autant. C’est alors que Martin, suite à mes mille et une questions, m’a proposé ceci :

- Il y a une semaine de visites organisées dans les champs de quinoa en mars. La programmation est débile. Tu veux y aller? Tu vas pouvoir poser toutes tes questions directement aux producteurs.

Euh…Wow! J’en veux d’autres des clients transparents comme ça.

C’est donc pour ça que je me suis tapé un marathon en Bolivie à la fin mars. En quatre jours, nous avons visité Uyuni (mon coup de cœur), la communauté d’Ayamaya, le centre de recherche Proinpa et la compagnie familiale Coronilla à Cochabamba. Les routes étant rarement en bon état, nous avons surtout pris l’avion pour nous déplacer, 9 avions en 6 jours. Me voilà déjà dans le rouge côté empreinte de carbone, cette année .

La femme du sous-ministre de l'agriculture et sa fille, près d'Uyuni. Si près de sa communauté, le sous-ministre a fait la route de nuit en autobus (parce que c'est ce qu'il a l'habitude de faire), alors que nous avons pris un vol d'une heure... On ne peut pas en dire autant de notre gouvernement. Crédit photo : Holman Rodriguez

La femme du sous-ministre de l’agriculture et sa fille, près d’Uyuni. Si près de sa communauté, le sous-ministre a fait la route de nuit en autobus (parce que c’est ce qu’il a l’habitude de faire), alors que nous avons pris un vol d’une heure… On ne peut pas en dire autant de notre gouvernement. Crédit photo : Holman Rodriguez

Quinoa rouge et blanc, prés d'Uyuni, où se situe Salar, le plus grand désert de sel. Le quinoa pousse pratiquement dans le sable, dans un sol particulièrement riche en minéraux, à près de 4 000 m d'altitude et où les températures peuvent atteindre -25°C. C'est peut-être plus ça, un super aliment.

Quinoa rouge et blanc, prés d’Uyuni, où se situe le Salar, le plus grand désert de sel au monde. Le quinoa pousse pratiquement dans le sable à près de 4 000 m d’altitude, dans un sol particulièrement riche en minéraux, et où les températures peuvent atteindre -25°C. C’est peut-être plus ça, un super aliment.

Ledit Salar, du sel à perte de vue. Du sel qui s'achète pour des pinottes (10 bolivianos le monticule, environ 1,40$...les travailleurs en vendent environ 5 par jour) parce que l'offre est loin d'être rare. Ça fait que le petit pot de gros de sel à 6$ à l'aéroport...ben je l'ai laissé sur la tablette.

Ledit Salar, du sel à perte de vue. Du sel qui s’achète pour des pinottes, parce que l’offre est loin d’être rare (10 bolivianos/monticule, environ 1,40$…les travailleurs en vendent environ 5 par jour). Ça fait que le petit pot de gros de sel à 6$ à l’aéroport…ben je l’ai laissé sur la tablette.

À Ayamaya, une communauté qui, grâce au meilleur prix qu'ils reçoivent, a pu s'équiper d'équipements pour cultiver leur quinoa de façon plus optimale. Ici, une cholita montre les feuilles de coca qu'elle traine toujours avec elle. "Quand on travaille fort dans les champs, ça donne beaucoup d'énergie", dit-elle. Party!

À Ayamaya, une communauté qui, grâce au meilleur prix qu’ils reçoivent pour leur quinoa, a pu se procurer de l’équipement pour optimiser leur production. Ici, une cholita montre les feuilles de coca qu’elle traine toujours avec elle. "Quand on travaille fort dans les champs, ça donne beaucoup d’énergie", dit-elle. Dans mon cas, j’ai bu du thé de coca toute la semaine pour contrer le mal de l’altitude et j’ai dormi tout le long, dans l’autobus, dans l’avion, même dans le jeep sur les routes de terre…

La Fondation Proinpa (www.proinpa.org) a pour mission de développer des méthodes d'agriculture durable et biologique pour protéger les milliers d'espèces de quinoa et assurer la souveraineté alimentaire du quinoa royale en Bolivie. Ici, différentes plantes à utiliser en compagnonnage avec le quinoa pour éloigner certains insectes. Très ingénieux dans tous leurs projets.

La Fondation Proinpa a pour mission de développer des méthodes d’agriculture durable et biologique pour protéger les milliers d’espèces de quinoa et assurer la souveraineté alimentaire du quinoa royal en Bolivie. Ici, différentes plantes à utiliser en compagnonnage avec le quinoa pour éloigner certains insectes. Très ingénieux dans tous leurs projets.

Finalement, la fabrique de pâtes et d'une foule de produits dérivés du quinoa. Coronilla est possiblement l'entreprise familiale la plus inspirante que je n'ai jamais visité. Équitable, biologique, emploie une majorité de femmes, 10% de son personnel est handicapé, réinvestisse une partie de leur profit dans la communauté... Est-ce qu'il y a quelque chose qu'ils ne font pas? Bref, ce sont eux qui produisent les pâtes et certaines soupes de Gogo Quinoa.

Finalement, la fabrique de pâtes et d’une foule de produits dérivés du quinoa, Coronilla. Possiblement l’entreprise familiale la plus inspirante que je n’ai jamais visitée. Équitable, biologique, emploie une majorité de femmes, 10% de son personnel est handicapé, en plus de réinvestir une partie de leur profit dans la communauté… Est-ce qu’il y a quelque chose qu’ils ne font pas? Bref, ce sont eux qui produisent entre autres les pâtes, les céréales et certaines soupes de Gogo Quinoa.

Si les Boliviens mangent effectivement moins de quinoa qu’avant, ils mangent toutefois une alimentation plus variée, peuvent maintenant payer pour les soins de santé de leur famille et acheter des outils agricoles pour optimiser leurs récoltes. Pour une fois que les agriculteurs des pays en développement font de l’argent. Ce n’est pas peu dire, certains habitants de La Paz, la capitale, reviennent dans leur patelin parce que la production de quinoa est plus payante que de vivre en ville. À titre comparatif, en Tanzanie, j’ai plutôt vu des agriculteurs raser leurs caféiers parce que ça ne vaut vraiment plus la peine d’en produire tellement les prix sont compétitifs à l’international. Aussi, je lève mon chapeau à tous les efforts que la Bolivie met pour une production de quinoa biologique et équitable. Sincèrement, venant d’un, sinon le pays le plus pauvre d’Amérique du Sud, c’est assez impressionnant de constater tout ce qu’ils ont mis en place à la vitesse de l’éclair pour maintenir une production des plus traditionnelle, malgré le fait que de plus en plus d’adeptes à travers le monde mange maintenant du quinoa à la pelleté. À noter que plus de la moitié de la production de quinoa au pays est de façon conventionnelle. Comme dirait Paola Mejia, directrice générale de CABOLQUI, « ce n’est pas parfait, mais on travaille très fort. » Et ça paraît!

Je poursuis la discussion sur Huffington Post Québec.

Ce voyage a été rendu possible grâce à une invitation de CABLOQUI et Gogo Quinoa.

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La Guadeloupe à vélo

En février dernier, j’ai pris part au voyage en Guadeloupe de Vélo Québec. Le tout s’est confirmé à deux semaines d’avis. Pour vous mettre en contexte, j’avais donc devant moi 6 jours de vélo de niveau 4 alors que je n’avais pas fait de vélo depuis octobre et que je n’avais jamais fait de longues randonnées de plus d’une journée…

J’ai beau faire du yoga chaud tout l’hiver pour lui enlever le plus d’heures possible, ce n’est pas ça qui entretient le cardio. La preuve, je suis allée faire un cours de spinning une semaine avant de partir et je pensais vomir chaque fois que le prof trop enjoué ordonnait d’augmenter l’intensité. Je me disais : ça y est, je n’aurai pas d’autres options que de faire le circuit au complet à pied et d’abîmer mes souliers de vélo pour vrai.

Et comme par magie, une fois sur place, je suis montée sur ma monture en carbone et je me suis mise à rouler, rouler, rouler.

Jour1Ste-Anne

Première journée : boucle via Sainte-Anne, Saint-François et Le Moule (où je suis tombée en plein milieu de la rue parce que j’avais trop de sable dans mes clips. Bravo championne!) – 85 km

Jour2Morne-à-l'eau

Deuxième journée : boucle via Deshauteurs (au sens propre, je l’avoue je l’ai marché aux trois quarts), Boisvin, Vieux-Bourg, Morne-à-l’eau (où le cimetière rappelle celui de la Recoleta à Buenos Aires), Petit-Canal, Les Mangles et Douville – 75 km 

Troisième journée : aller-retour de l’hôtel au traversier et du traversier jusqu’à Capesterre-de-Marie-Galante histoire de zieuter les adeptes de kite surf pendant que je fais le plein de vitamine D – que 40 km, mais oh combien de plaisir!

Troisième journée : aller-retour de l’hôtel au traversier et du traversier jusqu’à Capesterre-de-Marie-Galante, histoire de zieuter les adeptes de kite surf pendant que je fais le plein de vitamine D – que 40 km, mais oh combien de plaisir!

Quatrième journée : tour de van avec notre guide, John, afin de me garder des forces pour les deux derniers jours.

Quatrième journée : tour de van avec notre guide, John, afin de prendre les autres en photo (Louise, ici) et me garder des forces pour les 2 derniers jours.

Cinquième journée : boucle via Vieux-Fort avec mon super partner Luc, près de deux fois mon âge et possiblement mille fois plus en forme que moi (lâche-pas, la p’tite!) - 33 km de côte, incluant 13 km de montée sans arrêt.

Cinquième journée : boucle via Vieux-Fort avec mon super partner Luc, près de deux fois mon âge et possiblement mille fois plus en forme que moi (lâche-pas, la p’tite!) – 33 km de côte, incluant 13 km de montée sans arrêt. Au moins, il y avait ce genre de vue sur la route.

Sixième journée : Saint-Claude, Trois-Rivières, Capesterre-Belle-Eau, Petit-Bourg, Le Gosier - 85 km pour rentrer au bercail, bien souvent sous la pluie battante.

Sixième journée : Saint-Claude, Trois-Rivières, Capesterre-Belle-Eau, Petit-Bourg, Le Gosier – 85 km pour rentrer au bercail, bien souvent sous la pluie battante ou au gros soleil près des plages de sable noir.

Un séjour qui m’aura fait rouler pendant près de 320 km en 5 jours sur les routes au dénivelé plutôt important de la charmante Guadeloupe. Prends ça, cours de spinning!

Je dois remercier la belle gang que j’ai eu le plaisir de côtoyer toute la semaine, vivement la motivation de groupe. Sans oublier les encouragements constants des Guadeloupéens à vélo (de vraies machines!) ou non, qui ont grandement contribué à ma persévérance et à ne pas débarquer trop souvent de ma monture. Mes souliers de vélo sont un peu moins abîmés grâce à vous, merci.

Bref, je recommencerais ça n’importe quand.

Ce voyage a été rendu possible grâce à Vélo Québec.

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Kombucha, lévite-moi pas tant que ça

Le quoi? Pas encore une nouvelle affaire? En fait, non. Le kombucha existe depuis un méchant bout. On parle d’il y a plus de 2 000 ans dans la médecine chinoise.

En gros, c’est un thé fermenté, dans le même principe que le kéfir (yogourt) et le miso (soya). C’est donc du thé sucré auquel on ajoute des levures et des bactéries pour obtenir une boisson légèrement gazeuse ayant les mêmes bénéfices que la plupart des aliments fermentés :

  • facilite la digestion;
  • contribue au maintien de la flore intestinale (le même principe que les probiotiques);
  • potentialise la teneur en certains nutriments contenus dans l’aliment fermenté.

Pour le produire, la tradition veut que seule la "mère de kombucha", une espèce de galette de levures et de bactéries (yum!), soit transmise de production en production. Ce n’est pas peu dire, il y en a même à vendre sur eBay.

La semaine dernière, j’ai reçu une cargaison de RISE Kombucha pour que je goûte à leurs nouvelles saveurs : menthe et chlorophylle (mon préféré), ainsi que rose schizandra. Évidemment, dans cette gamme de produits, les saveurs normales n’existent pas. Quoi qu’il en soit, c’est bien bon.

Mon bémol se retrouve sur la bouteille :

Kombucha

Détoxifie? De quoi? Comment? C’est le genre de terme tellement vaste qui ne veut rien dire, que personne ne comprend, mais qui semble en accrocher plus d’un. Éliminer les toxines en quelques gorgées, c’est peut-être ça la magie? Pour ma part, je continue de penser qu’il n’y a pas de moyen plus efficace que de bien manger et de s’hydrater avec de l’eau la plupart du temps pour éviter l’accumulation de "toxines".

Améliore la digestion, c’est vrai.

Antioxydant, fine, c’est fait à base de thé vert, mais ce n’est pas clair de quel antioxydant ni de quelle quantité il s’agit. D’ailleurs, Santé Canada précise : "Dans l’étiquetage et la publicité d’un produit alimentaire, une allégation relative aux propriétés antioxydantes devrait être claire quant à la substance à laquelle on fait référence et l’effet ou le bienfait pour la santé de cette substance." C’est dans ces moments-là que je dis souvent : checker vos stats!

Électrolytes, ah oui? Lesquels? Parce que sur le tableau de valeurs nutritives, il n’y a rien côté nutriments obligatoirement indiqués (vitamine A et C, fer et calcium) et il n’y a à peu près pas de sodium, ce qui est tant mieux. Le potassium serait peut-être intéressant à ajouter, en passant.

Supporte le système immunitaire, fine aussi. Si les bactéries présentes dans le kombucha contribuent au maintien de la flore intestinale, il est logique de penser qu’elles aident aussi le système immunitaire, en majorité dans nos intestins, puisque c’est une des premières portes d’entrée pour les agents potentiellement pathogènes. Comme avec les probiotiques, il faut tout d’abord mettre les chances de votre côté. Par exemple, bien manger, bien dormir, faire du sport et éviter les sources de stress sont de bien plus gros joueurs en matière d’immunité.

Et je vous épargne les écrits fabuleux à l’endos de la bouteille. Ça frôle le conte de fées. Sérieusement, a-t-on vraiment besoin d’être sur le point de léviter pour qu’un produit soit digne de mention? Me semble que je tape souvent sur ce clou-là ces temps-ci.

Bref, trop souvent, il y a d’excellents produits sur le marché qui sont aussi bons au goût que pour la santé, mais qui trébuchent dans la panoplie d’allégations plus ou moins pertinentes. Cela ne fait que contribuer une fois de plus à la cacophonie nutritionnelle.

Sur ce, less is still more.

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Les hauts et les bas de L’Expo Manger Santé

C’est le retour de L’Expo manger santé et vivre vert du 15-17 mars au Palais des Congrès à Montréal et du 23 au 24 mars au Centre des Congrès de Québec.

Depuis les débuts il y a 16 ans, je m’y suis rendue à plusieurs reprises avec ma mère granola qui connaît beaucoup de gens dans le monde de la luzerne et des comprimés d’artichauts. Pendant ce temps, je sillonnais les allées avec mon père et on essayait de trouver le kiosque le plus bizarre. Depuis la venue des bains de pieds qui « expulsent les toxines par la peau » et les branches de métal qui « diagnostiquent les déséquilibres énergétiques », la barre est haute dans le domaine des tours de magie.

Côté bouffe, j’ai tout de même fait d’agréables découvertes au fil des ans, tout comme des rencontres avec des gens passionnants avec qui je collabore depuis lors, surtout au niveau de leur développement de produits et marketing. Cette année, j’ai reçu des nouveautés tantôt très intéressantes, tantôt décevantes. Voyons voir.

AssaisonnementCoco

Sauce d’assaisonnement à la noix de coco (pour remplacer la sauce soya, entre autres) www.ecoideas.ca

On peut lire dans le sous-titre : source élevée d’acides aminés liquides. En passant, les acides aminés sont les composantes des protéines. Mon premier réflexe : regarder le tableau de valeur nutritive, 0 g de protéines. Je roule les yeux. Sur le côté de la bouteille, on aussi peut lire : son contenu en sodium est bas. La portion indiquée est 5 ml (1 c. à thé). Qui met 5 ml de sauce soya pour assaisonner un plat? Bref, en le comparant à portion égale (15 ml) à une sauce soya réduite en sodium (et non faible en sodium), il y a 580 mg (25% VQ) de sodium dans la sauce soya vs 345 mg (15% VQ) dans cet assaisonnement. C’est une diminution importante, mais cette teneur n’est tout de même si faible que ça considérant la portion réellement consommée.

Vinaigres

Vinaigre de nectar de noix de coco + miel brut sauvage d’Organika http://www.organika.ca

Sans gluten (c’est à base de noix, c’est assez évident), bio pour un, végétarien (c’est à base de noix, c’est assez évident), cela expliquera sans doute le prix de ce produit. Au goût, c’est bien bon. Mais personnellement, je préfère opter pour un vinaigre de cidre de pomme d’ici avec un miel d’ici pour créer le même effet dans une vinaigrette, par exemple.

PainSansGluten

Pain plat sans gluten de La Maison Cannelle http://www.maisoncannelle.com

Un pain plat sans gluten est probablement l’option la plus logique dans ce monde alimentaire. Si le gluten (protéine du blé et des céréales de la même famille, comme l’épeautre, le kamut, le seigle, l’orge et le triticale) procure la structure au pain, il est bien évident qu’un pain sans gluten ne donne jamais de très bons résultats. Ça ne lève pas vraiment, c’est dense et souvent très sec. Un pain qui n’a pas tellement besoin de lever, ça devrait régler le problème, non? Malheureusement pas. Ce pain est effectivement sec, très sec, malgré ses 8 g lipides (plutôt autour de 2 g dans les pains commerciaux avec gluten). Bien dommage, parce que La Maison cannelle se démarque par ses listes d’ingrédients plus courtes que plusieurs autres marques dans un univers où les additifs alimentaires ont tendance à abonder. Toujours pas facile de recréer des produits de boulangerie ou de pâtisserie qui ont pratiquement besoin de gluten pour exister.

BiscuitsCrus

Biscuits (Sattva Pure nature) crus, germés, bio, végétaliens, sans gluten et tout le tralala

À base de l’ingrédient de l’heure, la noix de coco, ces biscuits crus rappellent les macarons de grand-mère, pas ceux français. Au goût, ça aussi c’est bon, la liste d’ingrédients est courte et ne contient rien de bizarre. Toutefois, puisque les biscuits sont à base de noix de coco, la teneur en gras et en calories est impressionnante. Pour un seul petit biscuit (une quinzaine de grammes), il y a entre 60 et 90 calories et entre 4,5 g et 7 g de gras, majoritairement saturés, puisque la noix de coco en est composée à 90%.

D'Origina

Coup de cœur : Aromates d’Origina http://www.dorigina.com

Alors ça, c’est intéressant. Je connaissais déjà les produits de nom, mais je ne les avais jamais essayés. Des aromates de notre forêt boréale que l’on utilise rarement : de la racine de céleri sauvage et de la poudre de thé des bois à ajouter dans une crème de céleri ou encore des fleurs à miel en poudre à utiliser dans une recette de brownies. Dé-li-cieux! Je n’ai que du bon à dire à propos de ces produits.

À retenir si vous allez faire un tour à L’Expo, tout comme à l’épicerie, ce n’est pas parce que ça a l’air « santé » que ce l’est vraiment. Et sachez que le prix n’est forcément proportionnel à la qualité d’un aliment. Bien manger n’est pas si compliqué, ni si dispendieux que ça.

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Suriname : la jungle, l’Asie et beaucoup d’Afrique

Quand je disais aux gens que je partais au Suriname, tout le monde me regardait l’air confus en me disant : tu t’en vas où? En Afrique encore? Et moi, ça me faisait sourire encore plus que chaque fois que je pars. J’aime bien sortir des sentiers battus, même vers des destinations aussi classiques que la Californie. J’aime encore mieux sortir des sentiers battus dans un pays inconnu.

En atterrissant à Paramaribo (j’adore le nom!) en plein milieu de la nuit, les hublots de l’avion se sont tout de suite embués, tellement c’était humide. En sortant sur le tarmac, l’air était si chaud que ça sentait pratiquement comme au spa. Et puis, la fameuse odeur de charbon de bois qui brûle… me voilà transporté tout droit en Tanzanie.

Je rejoignais ma copine Steph, rencontrée en Tanzanie justement, que je n’avais pas vue depuis deux ans. Française et infirmière, elle venait de terminer un contrat en Guyane française, le pays voisin. Vous voyez où c’est maintenant?

Même si le Suriname est bien loin de l’Afrique, je dois avouer que c’est toutes ses ressemblances avec elle qui m’ont fait craquer sur-le-champ. Les autobus avec trop d’autocollants brillants et de connotations bibliques, le takitaki (créole surinamais) qui est aussi doux à mes oreilles que le swahili, cette façon d’acquiescer en émettant l’onomatopée : ah! hein! (varie selon le son que l’on entend dans sa tête). Un sceau d’approbation qui donne quasiment l’impression d’avoir résolu le mystère de la Caramilk. Bref, si vous avez déjà mis les pieds en Afrique subsaharienne ou dans les Caraïbes, vous savez de quoi je parle. C’est vraiment un détail, mais c’est exactement le genre de truc qui me fait sourire et me charme instantanément.

Et que dire des Surinamais! Ce sont certainement parmi les gens les plus accueillants que j’ai rencontrés, sans fla, fla, sans vendeurs fatigants qui veulent absolument que tu leur achètes un produit dérivé du bananier, ni ceux qui essaient toujours de surcharger les touristes. Quoi que, c’est peut-être nos gougounes, nos pantalons de lin bien sales, et le fait qu’on respecte que les gens ne veulent pas se faire prendre en photo (le nombre de blancs que j’ai vu photographier sans demander…la honte) qui fait qu’on ne nous demande pas des prix de blancs. Ah! Pis, s’asseoir pour discuter avec eux, ça aide aussi. Et croyez-moi, avec un tel passé, les Surinamais ont d’excellentes histoires à raconter.

Parmi les trucs que j’ai adorés, mais que je n’ai pas pu mentionner dans mon article, faute d’espace :

Voir un drapeau du Québec dans une ville comme Paramaribo et réaliser le lendemain que nous sommes les plus grands exploitants d'or au Suriname. Penser à blood diamond et avaler ma salive en espérant qu'on soit plus juste et bon avec les employés surinamais.

Voir un drapeau du Québec dans une ville comme Paramaribo et réaliser le lendemain que nous sommes les plus grands exploitants d’or au Suriname. Penser au film Blood diamond et avaler ma salive en espérant qu’on soit plus juste et bon avec les employés surinamais.

Toujours aussi bien dans rien à Gunsi.

Bien dans rien à Gunsi.

Remonter la rivière dans une longue pirogue de bois et afin de pouvoir passer les rapides, on te fait descendre sans ton sac dans lequel est ton ordi/ta vie. Faire confiance à la vie.

Remonter la rivière dans une longue pirogue de bois et afin de pouvoir passer les rapides, on te fait descendre sans ton sac dans lequel est ton ordi/ta vie. Faire confiance à la vie.

Le trou dans ma moustiquaire... Est-ce que je vous ai déjà dit que les moustiques m'adorent?

Moment moins adorable : le trou dans ma moustiquaire… Est-ce que je vous ai déjà dit que les moustiques m’adorent?

Pour en savoir plus, voici mon article sur Canoë – Voyages.

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Quinoa : trop super aliment

Il y a quelques semaines, j’ai reçu le livre de recettes Quinoa, mettant en vedette la pseudo céréale chérie des adeptes de la rangée bio au supermarché. En tant qu’adepte, les recettes ont l’air particulièrement appétissantes. 

Quinoa

J’aime le quinoa, parce que c’est bon avant tout. J’aime aussi ça, parce que dans mon alimentation de carnivore très infidèle, ça augmente quand même la teneur en protéines de quelques grammes comparativement à du riz, disons. Ah! Et son profil nutritionnel est également plus intéressant que certaines céréales.

Dès que je tourne le livre de bord, QUOI? Pauvre en lipides, riche en oméga-3 …? Euh…. Comme si les autres céréales étaient vraiment plus grasses. Pis, les oméga-3, est-ce qu’on peut laisser ça aux graines de lin, de chia, aux noix de Grenoble? Dans le quinoa, ça a l’air des miettes d’oméga-3, comparativement aux vraies sources végétales. J’ouvre les premières pages du livre, une avalanche de bienfaits. Mais, qu’est-ce c’est que tous ces feux d’artifice pour tenter de convaincre le lecteur d’accourir à l’épicerie pour s’en acheter à la tonne?

"Comparé aux autres céréales, le quinoa s’avère la meilleure source de potassium, un nutriment essentiel au bon fonctionnement du cerveau et des muscles, à la régulation de la glycémie ainsi qu’à la bonne santé mentale" – Camilla V. Saulsbury, chef et supposément spécialiste de l’alimentation.

QUOI? C’est vrai que le quinoa contient plus de potassium que plusieurs autres céréales, trois fois plus que le riz brun par exemple. Mais, il en contient une parcelle comparativement à une pomme de terre avec pelure, aux haricots blancs, aux tomates… Et c’est surtout la description du potassium qui me dérange. Parmi ses rôles majeurs, il est essentiel à la contraction musculaire, aux impulsions nerveuses, au bon fonctionnement des reins et au maintien de l’équilibre acido-basique avec le sodium. Et pendant que ce dernier a aussi tendance à augmenter la tension artérielle, le potassium (majoritairement présent dans les fruits et légumes, les légumineuses et certains poissons et fruits de mer) contribue à la ramener à la normale. En voilà un atout pertinent, considérant qu’une personne sur cinq souffre d’hypertension au pays et que notre consommation de légumes et fruits n’est pas optimale. Les liens avec la régulation de la glycémie et la santé mentale, je n’ai jamais entendu parler de ça. En fouillant sur PubMed (US National Library of Medicine), j’ai trouvé des trucs hyper poussés en génétique. Il y a peut-être un lien, mais ce n’est pas aussi clair que celui avec la tension artérielle, tel que mentionné dans cette revue scientifique. Quoi qu’il en soit, si seulement le quinoa était une source intéressante de potassium, à peine l’équivalent de 3% des besoins quotidiens pour une demi-tasse. Come on!

Bref, est-ce qu’un aliment doit toujours avoir mille et un atouts pour être digne d’intérêt? Le plus d’antioxydant au monde, un concentré d’oméga-3, une montagne de fibres… Est-ce qu’on peut juste manger des aliments au lieu d’avaler des nutriments, comme s’ils étaient que d’autres pilules à ajouter à la dosette?

Pour lire mes autres bémols à propos de ce livre, tout de même intéressant sur le plan de recettes, c’est par ici.

Et puis, comme dirait Michael Pollan : Eat food, mostly plants, not too much.

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