Haïti prise 1

Mon lien avec Haïti remonte à loin. Quand j’étais petite, mes voisins étaient Haïtiens. Je suis donc rapidement plongée dans les bananes pesées (plantains écrassées et frites…yum!), leur musique nettement mieux rythmée que nos fichus rigodons et j’adorais les entendre parler créole. Je voulais tellement parler créole. Je veux tellement encore parler créole. Après, il y a eu Monsieur Dumont, mon prof de français en secondaire 4, celui qui mettait des kits tout droit sortis du film Boogie Nights, col roulé brun et pantalon agencé. Mais au moins, il portait toujours une ceinture Christian Dior. Et puis, il y a eu Manu, le neveu de Monsieur Dumont, un de mes premiers petits chums.

J’ai enfin mis les pieds en Haïti en novembre dernier. Dès les premières minutes sur place, je souriais dans la foule au carrousel à l’aéroport. J’avais un peu l’impression d’être en Afrique (tout le monde connait mon fixe pour la Tanzanie, n’est-ce pas?), mais nous avons mis moins de 4 heures pour s’y rendre. Pas mal plus pratique.

Je faisais partie du voyage de presse pour tester les nouvelles destinations offertes par Transat afin de découvrir Haïti sous différentes facettes : 2 jours à Port-au-Prince, 2 jours au Cap-Haïtien (au nord du pays) et 3 jours sur la Côte des Arcadins (station balnéaire au nord-ouest de Port-au-Prince). En formule organisée, nul besoin de s’en faire pour les déplacements et les réservations d’hôtels ou d’activités. Et c’est probablement la meilleure formule pour ramener les touristes en Haïti. Sur la route, voici ce qui m’a charmée.

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À côté du Marché de fer, icône de Port-au-Prince où l’on trouve de tout pour faire une poupée vaudou d’un côté et des souvenirs un brin génériques de l’autre, c’est là le vrai marché selon moi, dans la rue. Oranges, pièces de scooter, téléphones cellulaires, saucisses à hot-dog, l’essentiel quoi! Cet espèce de chaos qui masque une toute autre forme d’organisation, j’adore.

Taptap

Les incontournables tap-tap qui donne vraiment le goût de prendre le transport en commun. Si ce n’est pas une popstar, c’est une référence au Bon Dieu qui tapisse l’autobus en entier. Parfois, les deux. Double rainbow.

Il est 12h15. J’en suis à mon deuxième cocktail nommé Sueur tropicale. Notre ami, XX, du restaurant Le Relais du Chateaublond, situé au Parc historique de la canne à sucre, qui lui a probablement mis du Barbancourt dans son café, danse et chante en nous parlant de l’endroit, de la culture culinaire haïtienne, en passant du coq à l’âne entre les services. On l’aime.

Il est 12h15, on nous sert un cocktail de bienvenue surnommé, Sueur tropicale (jus de canne à sucre, rhum Barbancourt et orange sure, au goût rappelant le pamplemousse blanc). Comment refuser? Notre hôte au restaurant Le Relais du Chateaublond, situé au Parc historique de la canne à sucre, qui lui a probablement mis du rhum Barbancourt dans son café, danse et chante en nous parlant de l’endroit, de la culture culinaire haïtienne, de toute la beauté de son pays. On l’aime.

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Cette entrée de banane, chiquetaille de hareng, avocat et pikliz (genre de chou mariné et épicé dont j’ai abusé allègrement toute la semaine) est particulièrement réussie. Elle est préparée par le chef Stephan Berrouet Durand qui sera d’ailleurs de passage à Montréal en lumières pour l’évènement « Coup de chapeau à Haïti » le 1er mars prochain au Marché Bonsecours. Le tout sera aussi animé de troubadours haïtiens. Rien de tel pour découvrir la culture séduisante de la perle des Antilles.

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Non loin de Cap-Haïtien, près de Milot, la visite à la Citadelle Laferrière nous permet enfin de nous dégourdir, après avoir passé quelques jours en bus. Je préfère donc monter à pied qu’à cheval. On s’y rend avec Tour Haïti, une compagnie qui offre des visites guidées partout au pays et adaptées à nos intérêts : histoire, culture, plein air… En plus, ils proposent divers types d’hébergement : hôtel, gites, chez l’habitant!

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Tout au long de la montée, les paysages montagneux sont à couper le souffle. Construite par le roi Henri Christophe entre 1805 (1 an après l’indépendance haïtienne, première république noire au monde a l’avoir obtenue d’ailleurs) et 1820 (année de la mort du roi), la citadelle possède la plus grande collection d’artillerie au monde, en plus d’être le plus grand fort d’Amérique. Pas étonnant qu’elle fasse partie du patrimoine de l’UNESCO.

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Après quelques jours à la montagne, cap sur sur la Côte des Arcadins, une des stations balnéaires d’Haïti. Et ici, pas besoin de se lever de bonne heure pour se réserver un transat sur la place ni de gérer les mille et un vendeurs de cossins. Nous séjournons au Club Indigo, l’ancien Club Med qui était particulièrement populaire dans les années 80.

Haïti

Pour terminer la semaine en beauté, nous passons la journée à l’Anse à Pirogue avec les gens de Touris Lakay qui proposent plusieurs activités dans la région et qui sont d’un professionnalisme hors pair. Bien que j’aurais préféré aller dans un endroit où la faune aquatique est plus dense, je ne peux pas nier qu’une plage déserte bordant une eau limpide avec quelques canettes de Prestige bien fraiches, c’est difficile à battre. Crédit photo : Alexandre De Bellefeuille

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En route vers l’aéroport pour prendre notre vol de retour, nous faisons un arrêt à la distillerie Barbancourt. Une dégustation du rhum avant de prendre l’avion, toujours une bonne idée. N’étant pas la plus grande adepte de spiritueux, je dois avouer que le rhum Barbancourt a ce petit quelque chose qui le rend particulièrement délicieux. Ou serait-ce le combo Barbancourt et konpa (musique et danse nationale) qui vont si bien ensemble? Quoi qu’il en soit, j’adopte. Et la bonne nouvelle est que le Barbancourt 5 étoiles, agé 8 ans est disponible à la SAQ. Happy dance.

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Si j’ai adoré mon séjour en Haïti, j’ai toutefois eu l’impression d’être un peu trop téléspectatrice à mon goût à bord du minibus climatisé qui nous transportait d’attrait en attrait. Le pays qui déferlait devant moi était si beau, si fascinant, que j’avais parfois envie de m’enfuir en courant pour aller voir le monde. De toute façon, les voyages organisés ne sont pas tellement mon genre au départ. Cela dit, c’est certainement le juste milieu pour ceux qui n’ont pas qu’envie de s’écraser au soleil pendant une semaine en faisant des aller-retour entre le buffet et le bar ouvert, mais qui sont un peu trop frileux pour partir sans trop planifier. C’est d’ailleurs probablement encore le meilleur moyen de découvrir Haïti pour le moment.

Pour ma part, j’ai déjà décidé d’y retourner… En février, sans trop planifier. Je n’ai que deux trucs en tête pour le moment : le carnaval à Jacmel et rendre visite à la maman du chef-propriétaire des restaurants Le St-Urbain et La Bête à pain, Marc-André Royal, qui passe tous ses hivers là-bas depuis 2008.

Pour me suivre sur Instagram : @catlefebvre

Ce voyage a été rendu possible grâce à une invitation de Transat.

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De l’utilité de voyager léger

C’était un matin de juillet, en 2011, que l’idée m’est venue de me lancer tête première dans le vide, bien en dehors de ma zone de confort. Écrire de la fiction. C’est en mangeant une énième omelette feta chez Byblos avec mon éditeur que tout a commencé.

Lui : Avec tous tes voyages, ça te tenterait pas d’écrire de quoi avec ça?

Moi : Justement, j’avais une idée à te proposer et j’aimerais vraiment ça avoir ton avis d’éditeur. Si ça ne tente pas de publier de roman ou de me publier point, c’est pas grave. J’veux juste savoir si c’est une bonne idée.

Lui : Envoye, shoot.

Moi : Je pensais faire vivre des relations amoureuses à une fille dans des destinations que j’ai déjà visitées.

Lui : Ouin, mais j’veux pas de nouvelles. J’haïs les nouvelles.

Moi : Non, non. J’pensais plutôt à un chapitre par gars.

Lui : Ok…J’aime ça. Mais, penses-tu avoir assez de jus pour faire un livre avec ça?

J’ai retiré la bouchée de pita débordant d’omelette feta que j’avais déjà à moitié dans la bouche.

Moi : Crois-moi.

Ça m’aura pris presque deux ans pour écrire l’histoire d’Elsie, inspirée par des destinations que j’ai visitées, des rencontres que j’ai effectivement faites et surtout, plusieurs anecdotes qui m’ont été racontées. Le bonheur d’écrire des faussetés, des choses qu’on aurait tant aimées ou eu horreur de vivre.

Dans mon métier de nutritionniste et de journaliste par la bande, je suis toujours dans les faits, les statistiques, les études randomisées contrôlées à double insu… J’avais besoin de changer d’air, de m’aventurer vers des terrains inconnus, d’accomplir ce que ma superviseure de stage me disait que j’étais incapable de faire, écrire (même si ça représente une partie importante de mon métier aujourd’hui). J’ai toujours eu plus de facilité à parler. Je préfère la télé à n’importe quel autre média. C’est plus naturel pour moi. Mais, ce n’est pas parce que j’ai toujours été poche pour écrire des textes scientifiques trop longs pour rien, dans un cadre rigide tel qu’enseigné à l’université que je ne sais pas écrire. Cela dit, j’ai récemment écrit un article dans le magazine de mon Ordre professionnel portant sur les nutritionnistes dans les médias sociaux. De retour en mode rigide, mon article ne cadrait évidemment pas dans le moule. Il a donc été modifié de A à Z pour respecter la ligne éditoriale du magazine jusqu’à ce que je le trouve plate à mort. Ça m’a rappelé une fois de plus pourquoi je n’écrivais pas ce genre d’article et à quel point je suis privilégiée de travailler avec des rédacteurs en chef qui ne sont pas aussi rigides. C’est donc dire que ce n’est pas parce qu’on n’entre pas dans le cadre, qu’on n’entre pas nulle part.

Pour mon roman, j’ai donc écrit ce qui me plait, avec mon ton, mes anglicismes et mes imperfections. Je ne peux même plus compter le nombre de vendredis soir que j’ai passé à créer Elsie, à la faire voyager et à lui faire vivre autant d’euphorie que de pertes de repères.

Tout au long de l’écriture, j’ai pensé à elle comme à une petite sœur, à qui j’avais souvent envie de dire : « embarque-toi pas là-dedans, il ne fera pas de move pour vrai », « écoute ta grande sœur, sacre ton camp pis vite », « mais oui, mais, y’est même pas ton genre c’te gars-là! »… Le genre de chose que je me suis réellement entendue dire à une amie qui vivait une histoire à la Elsie avec un mec de Guyane française lors de mon passage au Suriname à l’automne dernier. Quand elle me racontait son histoire, c’était Elsie tout craché. À cet instant précis, j’étais vraiment contente de m’être lancée dans le vide.

Me voilà donc avec un beau roman tout neuf que je présenterai au Salon du livre de Québec en fin de semaine. Au plaisir d’entendre vos histoires d’amour outre-mer.

P.S. : Mon horaire de dédicaces est samedi et dimanche, de 12h30 à 14h30 au kiosque 77.

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La Guadeloupe à vélo

En février dernier, j’ai pris part au voyage en Guadeloupe de Vélo Québec. Le tout s’est confirmé à deux semaines d’avis. Pour vous mettre en contexte, j’avais donc devant moi 6 jours de vélo de niveau 4 alors que je n’avais pas fait de vélo depuis octobre et que je n’avais jamais fait de longues randonnées de plus d’une journée…

J’ai beau faire du yoga chaud tout l’hiver pour lui enlever le plus d’heures possible, ce n’est pas ça qui entretient le cardio. La preuve, je suis allée faire un cours de spinning une semaine avant de partir et je pensais vomir chaque fois que le prof trop enjoué ordonnait d’augmenter l’intensité. Je me disais : ça y est, je n’aurai pas d’autres options que de faire le circuit au complet à pied et d’abîmer mes souliers de vélo pour vrai.

Et comme par magie, une fois sur place, je suis montée sur ma monture en carbone et je me suis mise à rouler, rouler, rouler.

Jour1Ste-Anne

Première journée : boucle via Sainte-Anne, Saint-François et Le Moule (où je suis tombée en plein milieu de la rue parce que j’avais trop de sable dans mes clips. Bravo championne!) – 85 km

Jour2Morne-à-l'eau

Deuxième journée : boucle via Deshauteurs (au sens propre, je l’avoue je l’ai marché aux trois quarts), Boisvin, Vieux-Bourg, Morne-à-l’eau (où le cimetière rappelle celui de la Recoleta à Buenos Aires), Petit-Canal, Les Mangles et Douville – 75 km 

Troisième journée : aller-retour de l’hôtel au traversier et du traversier jusqu’à Capesterre-de-Marie-Galante histoire de zieuter les adeptes de kite surf pendant que je fais le plein de vitamine D – que 40 km, mais oh combien de plaisir!

Troisième journée : aller-retour de l’hôtel au traversier et du traversier jusqu’à Capesterre-de-Marie-Galante, histoire de zieuter les adeptes de kite surf pendant que je fais le plein de vitamine D – que 40 km, mais oh combien de plaisir!

Quatrième journée : tour de van avec notre guide, John, afin de me garder des forces pour les deux derniers jours.

Quatrième journée : tour de van avec notre guide, John, afin de prendre les autres en photo (Louise, ici) et me garder des forces pour les 2 derniers jours.

Cinquième journée : boucle via Vieux-Fort avec mon super partner Luc, près de deux fois mon âge et possiblement mille fois plus en forme que moi (lâche-pas, la p’tite!) - 33 km de côte, incluant 13 km de montée sans arrêt.

Cinquième journée : boucle via Vieux-Fort avec mon super partner Luc, près de deux fois mon âge et possiblement mille fois plus en forme que moi (lâche-pas, la p’tite!) – 33 km de côte, incluant 13 km de montée sans arrêt. Au moins, il y avait ce genre de vue sur la route.

Sixième journée : Saint-Claude, Trois-Rivières, Capesterre-Belle-Eau, Petit-Bourg, Le Gosier - 85 km pour rentrer au bercail, bien souvent sous la pluie battante.

Sixième journée : Saint-Claude, Trois-Rivières, Capesterre-Belle-Eau, Petit-Bourg, Le Gosier – 85 km pour rentrer au bercail, bien souvent sous la pluie battante ou au gros soleil près des plages de sable noir.

Un séjour qui m’aura fait rouler pendant près de 320 km en 5 jours sur les routes au dénivelé plutôt important de la charmante Guadeloupe. Prends ça, cours de spinning!

Je dois remercier la belle gang que j’ai eu le plaisir de côtoyer toute la semaine, vivement la motivation de groupe. Sans oublier les encouragements constants des Guadeloupéens à vélo (de vraies machines!) ou non, qui ont grandement contribué à ma persévérance et à ne pas débarquer trop souvent de ma monture. Mes souliers de vélo sont un peu moins abîmés grâce à vous, merci.

Bref, je recommencerais ça n’importe quand.

Ce voyage a été rendu possible grâce à Vélo Québec.

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De la pub… et la visite des gars du Eleven Madison Park

Fidèle à lui-même, Dr Yoni Freedhoff du blogue absolument passionnant Weighty Matters, présentait cette semaine une publicité de multivitamines pour enfants. Les allégations apposées sur les bouteilles m’ont fait sourciller pas à peu près. Un peu intense, non? Surtout considérant que M. Freedhoff n’ait trouvé aucune étude confirmant que l’usage de multivitamines chez les enfants apportait des bienfaits significatifs.

Sur une note plus joyeuse, mon amie Mayssam organise un superbe évènement au FoodLab de la SAT le 30 septembre prochain. Le duo new-yorkais, Daniel Humm et Will Guidara des restaurants réputés Eleven Madison Park et The NoMad, sera à Montréal pour présenter leur nouveau livre, I love NY : recipes & ingredients. Ça coûte 95$ + taxes, mais ça comprend le livre, des bouchées et des rafraichissements et une belle rencontre avec ces grands hommes de la gastronomie new-yorkaise. Faites vite, parce que les places sont limitées!

Parlant de New-York, certains médecins de la Grosse Pomme ont commencé à prescrire des fruits et légumes frais à certains de leurs patients aux prises avec des maladies chroniques, telles que le diabète de type 2. C’est pas beau, ça?!

Chez nous, François Cardinal journaliste à La Presse, publiait son livre, Rêver Montréal. Je n’ai pas encore eu le temps de le feuilleter, mais ça m’a l’air tout à fait inspirant.

Et ma bonne nouvelle de septembre est certainement ma collaboration avec LaPresse+ ! D’autres articles suivront sous peu.

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Suggestions de lectures, visites et sorties

Marion Nestle, professeure au département de nutrition à l’Université de New York et auteur du blogue Food Politics, a publié un nouveau livre, soit un guide illustré à propos des politiques alimentaires, Eat Drink Vote. Merci Bernard pour le tuyau!

Les propositions de panels à propos de l’alimentation, la santé et les technologies pour la prochaine édition de South By SouthWest (SXSW) sont sorties. En fait, ça m’a rappelé que je dois trouver le moyen d’aller à Austin en mars prochain pour y participer. Le volet interactif a toujours l’air tellement intéressant, en plus des volets musique et film.

C’est demain que commence la 6e édition de Martinique gourmande. Jusqu’au 22 septembre, vous pourrez découvrir les saveurs de l’ile aux fleurs dans une vingtaine de restaurants et bars participants.

Dimanche, ce sont les portes ouvertes sur les fermes du Québec. Profitez-en pour visiter l’une de celles qui produisent les aliments qui se retrouvent dans votre assiette à l’année.

Et je viens de terminer une entrevue avec Christine Plante de StreetCuisineMtl, un webzine sur la cuisine de rue montréalaise. Le site est beau comme tout et le prochain numéro portera sur….. (roulement de tambour) le végétarisme et tous ses dérivés.

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Gestion des restes, petits producteurs et World Press Photo

Cette semaine, le Courrier international nous apprenait que l’application américaine, LeftoverSwap permet d’offrir et de trouver des restes de nourritures gratuitement et ce, à portée de main. La seule règle de salubrité : ne rien offrir qu’on ne mangerait pas soi-même. Tant que rien n’est vendu, ça ne devrait pas trop faire capoter l’ACIA si jamais l’application voit le jour ici.

Toujours chez nos voisins du Sud, l’application AgLocal permet aux restaurants de s’approvisionner en viande auprès des petits producteurs locaux. Une façon tout de même intéressante d’une part pour les restaurants qui ont besoin d’un certain volume de produits de qualité et d’autre part, pour les producteurs qui n’ont pas nécessairement l’espace ni les moyens de produire davantage. Ici, Marc-André Royal (@LeStUrbain), chef au restaurant Le St-Urbain me disait que Gibiers Canabec faisait sensiblement la même chose, mais avec le gibier seulement.

Suite à ce partage, Élise Desaulniers (@edesaulniers) m’a tout de suite recommandé d’assister à une conférence qu’elle organise avec James McWilliams : L’agriculture à petite échelle est-elle une alternative à l’élevage industriel ? Je me suis inscrite sur-le-champ.

Puis, l’édition de septembre du magazine Scientific American porte sur l’alimentation. Je vais me chercher ça aujourd’hui et je mets ça dans ma pipe ce long week-end.

Puis, la bonne nouvelle de la semaine : le World Press Photo commence mardi prochain et un évènement tout spécial avec le photographe canadien, Larry Towell est prévu pour l’occasion.

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Malbouffe, boissons sucrées et dette écologique

Depuis avril, j’ai mis mon blogue sur la glace. J’écris déjà à propos de plusieurs sujets sur différents sites, je ne savais plus trop quoi écrire ici. Puis, j’ai pensé faire une compilation des articles, entrevues radio ou télé que j’ai vu passer dans le fil pendant la semaine. Et disons que j’en vois passer des affaires. Alors voici ce qui a attiré mon attention cette semaine.

Le Monde nous annonçait, le 20 août dernier, que nous avions consommé toutes les ressources naturelles que la planète peut produire en un an. Super.

À Médium Large, il y avait une discussion à propos de la possibilité d’imposer une taxe sur les boissons sucrées avec Suzie Pellerin (@PellerinSuzie), directrice de la Coalition Poids, Martin-Pierre Pelletier, porte-parole de l’Association des embouteilleurs de boissons gazeuses du Québec et Alex Perron, fan assumé de malbouffe (@Alexxxperron).  Suzie, je l’appuie entièrement, Alex, il est drôle et franchement bien nuancé, mais Monsieur Pelletier, vraiment, il fait sa job, mais n’y comprend rien.

Dans le même ordre d’idée, Le Devoir publiait un article à propos de la malbouffe au sens large, dans lequel le cardiologue Martin Juneau avait son mot à dire. La problématique est loin d’être simple, mais ce genre d’article m’inspire à passer à l’action, à être plus sévère qu’à l’habitude. Comme nutritionnistes, nous avons souvent tendance à dire : du dessert, ne t’empêche pas d’en manger, mais manges-en seulement avec modération. Nous disons ça pour tout.  Ça fait qu’à la fin de la semaine, nous avons mangé pas mal de junk et peut-être même pas fait tant de sport que ça. C’est Bill Clinton qui disait, à propos du fait qu’il est devenu végétalien : « …je ne voulais pas faire l’imbécile avec ma santé. » Sans avoir à éliminer tout produit d’origine animale, ne soyons pas imbéciles avec notre santé, OK? Et ce n’est parce que nous vivons dans une société où le système de santé payera (oui, oui, ce nos taxes aussi) pour nos conneries que nous avons le droit de ne rien faire. Si nous n’avons pas la volonté de la faire pour son propre bien-être, faisons-le pour notre famille, nos proches, qui n’ont certainement pas envie de nous perdre plus tôt que prévu.

Toujours sur une note sucrée, le médecin de famille Yoni Freedhoff, du fantastique blogue Weighty Matters, parlait pour une première fois en bien d’une publicité de Coca-Cola.

Et pour terminer la semaine en beauté, Travel Love, mettant en vedette de jolis souvenirs de la Bolivie.

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L’état du quinoa en Bolivie

Depuis près de trois ans, je fais de la consultation pour Gogo Quinoa en matière de développement de produits et de marketing alimentaire. L’an passé, j’ai lu plusieurs articles à propos du fait que les producteurs de quinoa en Bolivie n’arrivaient plus à s’en acheter puisque le prix sur le marché international était beaucoup trop élevé, j’ai posé des questions, beaucoup de questions à mon client, Martin.

Petite mise en contexte pour ceux qui ne le savaient pas, 2013 est l’année du quinoa selon la FAO (Food and Agriculture Organization des Nations Unies). C’est donc à cette occasion que CABOLQUI (Chambre bolivienne des exportateurs de quinoa et producteurs biologiques) a organisé une rencontre internationale pour permettre aux « vendeurs » de quinoa à travers le monde de savoir d’où provient l’aliment qu’ils vendent autant. C’est alors que Martin, suite à mes mille et une questions, m’a proposé ceci :

- Il y a une semaine de visites organisées dans les champs de quinoa en mars. La programmation est débile. Tu veux y aller? Tu vas pouvoir poser toutes tes questions directement aux producteurs.

Euh…Wow! J’en veux d’autres des clients transparents comme ça.

C’est donc pour ça que je me suis tapé un marathon en Bolivie à la fin mars. En quatre jours, nous avons visité Uyuni (mon coup de cœur), la communauté d’Ayamaya, le centre de recherche Proinpa et la compagnie familiale Coronilla à Cochabamba. Les routes étant rarement en bon état, nous avons surtout pris l’avion pour nous déplacer, 9 avions en 6 jours. Me voilà déjà dans le rouge côté empreinte de carbone, cette année .

La femme du sous-ministre de l'agriculture et sa fille, près d'Uyuni. Si près de sa communauté, le sous-ministre a fait la route de nuit en autobus (parce que c'est ce qu'il a l'habitude de faire), alors que nous avons pris un vol d'une heure... On ne peut pas en dire autant de notre gouvernement. Crédit photo : Holman Rodriguez

La femme du sous-ministre de l’agriculture et sa fille, près d’Uyuni. Si près de sa communauté, le sous-ministre a fait la route de nuit en autobus (parce que c’est ce qu’il a l’habitude de faire), alors que nous avons pris un vol d’une heure… On ne peut pas en dire autant de notre gouvernement. Crédit photo : Holman Rodriguez

Quinoa rouge et blanc, prés d'Uyuni, où se situe Salar, le plus grand désert de sel. Le quinoa pousse pratiquement dans le sable, dans un sol particulièrement riche en minéraux, à près de 4 000 m d'altitude et où les températures peuvent atteindre -25°C. C'est peut-être plus ça, un super aliment.

Quinoa rouge et blanc, prés d’Uyuni, où se situe le Salar, le plus grand désert de sel au monde. Le quinoa pousse pratiquement dans le sable à près de 4 000 m d’altitude, dans un sol particulièrement riche en minéraux, et où les températures peuvent atteindre -25°C. C’est peut-être plus ça, un super aliment.

Ledit Salar, du sel à perte de vue. Du sel qui s'achète pour des pinottes (10 bolivianos le monticule, environ 1,40$...les travailleurs en vendent environ 5 par jour) parce que l'offre est loin d'être rare. Ça fait que le petit pot de gros de sel à 6$ à l'aéroport...ben je l'ai laissé sur la tablette.

Ledit Salar, du sel à perte de vue. Du sel qui s’achète pour des pinottes, parce que l’offre est loin d’être rare (10 bolivianos/monticule, environ 1,40$…les travailleurs en vendent environ 5 par jour). Ça fait que le petit pot de gros de sel à 6$ à l’aéroport…ben je l’ai laissé sur la tablette.

À Ayamaya, une communauté qui, grâce au meilleur prix qu'ils reçoivent, a pu s'équiper d'équipements pour cultiver leur quinoa de façon plus optimale. Ici, une cholita montre les feuilles de coca qu'elle traine toujours avec elle. "Quand on travaille fort dans les champs, ça donne beaucoup d'énergie", dit-elle. Party!

À Ayamaya, une communauté qui, grâce au meilleur prix qu’ils reçoivent pour leur quinoa, a pu se procurer de l’équipement pour optimiser leur production. Ici, une cholita montre les feuilles de coca qu’elle traine toujours avec elle. « Quand on travaille fort dans les champs, ça donne beaucoup d’énergie », dit-elle. Dans mon cas, j’ai bu du thé de coca toute la semaine pour contrer le mal de l’altitude et j’ai dormi tout le long, dans l’autobus, dans l’avion, même dans le jeep sur les routes de terre…

La Fondation Proinpa (www.proinpa.org) a pour mission de développer des méthodes d'agriculture durable et biologique pour protéger les milliers d'espèces de quinoa et assurer la souveraineté alimentaire du quinoa royale en Bolivie. Ici, différentes plantes à utiliser en compagnonnage avec le quinoa pour éloigner certains insectes. Très ingénieux dans tous leurs projets.

La Fondation Proinpa a pour mission de développer des méthodes d’agriculture durable et biologique pour protéger les milliers d’espèces de quinoa et assurer la souveraineté alimentaire du quinoa royal en Bolivie. Ici, différentes plantes à utiliser en compagnonnage avec le quinoa pour éloigner certains insectes. Très ingénieux dans tous leurs projets.

Finalement, la fabrique de pâtes et d'une foule de produits dérivés du quinoa. Coronilla est possiblement l'entreprise familiale la plus inspirante que je n'ai jamais visité. Équitable, biologique, emploie une majorité de femmes, 10% de son personnel est handicapé, réinvestisse une partie de leur profit dans la communauté... Est-ce qu'il y a quelque chose qu'ils ne font pas? Bref, ce sont eux qui produisent les pâtes et certaines soupes de Gogo Quinoa.

Finalement, la fabrique de pâtes et d’une foule de produits dérivés du quinoa, Coronilla. Possiblement l’entreprise familiale la plus inspirante que je n’ai jamais visitée. Équitable, biologique, emploie une majorité de femmes, 10% de son personnel est handicapé, en plus de réinvestir une partie de leur profit dans la communauté… Est-ce qu’il y a quelque chose qu’ils ne font pas? Bref, ce sont eux qui produisent entre autres les pâtes, les céréales et certaines soupes de Gogo Quinoa.

Si les Boliviens mangent effectivement moins de quinoa qu’avant, ils mangent toutefois une alimentation plus variée, peuvent maintenant payer pour les soins de santé de leur famille et acheter des outils agricoles pour optimiser leurs récoltes. Pour une fois que les agriculteurs des pays en développement font de l’argent. Ce n’est pas peu dire, certains habitants de La Paz, la capitale, reviennent dans leur patelin parce que la production de quinoa est plus payante que de vivre en ville. À titre comparatif, en Tanzanie, j’ai plutôt vu des agriculteurs raser leurs caféiers parce que ça ne vaut vraiment plus la peine d’en produire tellement les prix sont compétitifs à l’international. Aussi, je lève mon chapeau à tous les efforts que la Bolivie met pour une production de quinoa biologique et équitable. Sincèrement, venant d’un, sinon le pays le plus pauvre d’Amérique du Sud, c’est assez impressionnant de constater tout ce qu’ils ont mis en place à la vitesse de l’éclair pour maintenir une production des plus traditionnelle, malgré le fait que de plus en plus d’adeptes à travers le monde mange maintenant du quinoa à la pelleté. À noter que plus de la moitié de la production de quinoa au pays est de façon conventionnelle. Comme dirait Paola Mejia, directrice générale de CABOLQUI, « ce n’est pas parfait, mais on travaille très fort. » Et ça paraît!

Je poursuis la discussion sur Huffington Post Québec.

Ce voyage a été rendu possible grâce à une invitation de CABLOQUI et Gogo Quinoa.

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